Peud'ĂȘtres humains veulent sortir de leur hypnose, souhaitant voir la rĂ©alitĂ© telle qu'elle est. C'est toute l'histoire dramatique de l'humanitĂ©. En sortir ne consiste pas tant Ă agir qu'Ă connaĂźtre, reconnaĂźtre, discerner, comprendre les enjeux des situations, savoir oĂč l'on est conduit, voir les piĂšges et les embĂ»ches de l'existence terrestre.
lĂ©veil n'est ni personnel ni impersonnel , il est les deux. la personne rentre dans une dimension qui la dĂ©passe mais y participe. lâĂ©veil est cette dynamique de l'impersonnel et du personnel. lâidĂ©e du soi est l'unitĂ© du moi et du non moi. lâĂ©veil est cette dimension oĂč l'on est soi et plus que soi .
A La conscience rĂ©flexive : il est possible de rĂ©interroger la conscience que l'on a de soi. RĂŽle de la philosophie dans la rĂ©flexion que l'homme peut avoir sur lui-mĂȘme. â RĂ©fĂ©rence: « connais-toi toi mĂȘme » ( Socrate ) B) La pratique : agir pour mettre Ă l'Ă©preuve ce que je crois ĂȘtre. â RĂ©fĂ©rence: Hegel qui montre que la
Commeles libĂ©raux, Nietzsche refuse la morale imposĂ©e, mais son Ă©thique (la morale qu'on s'impose Ă soi-mĂȘme) est radicalement diffĂ©rente de l'Ă©thique libĂ©rale. La libertĂ© NietzschĂ©enne ( avoir la volontĂ© de rĂ©pondre de soi) est illimitĂ©e, celle des libĂ©raux est large, mais clairement dĂ©limitĂ©e.
Deplus, ce dont nous prenons conscience peut ĂȘtrefranchement trompeur : nous pouvons croire aimer quelqu'un alors qu'en rĂ©alitĂ© nous le dĂ©testons (mais sans vouloirle
Corollairement avoir conscience, c'est avoir à la fois conscience du monde et de soi, c'est-à -dire tout uniment de la présence du monde à soi et de sa propre présence au monde; la prise de conscience enfin (qu'elle soit celle d'un individu, d'une classe sociale ou d'un peuple), c'est encore la reconnaissance de l'identité de sa place dans une situation objective donnée. La
Lesbases de la thĂ©orie : La thĂ©orie de la dĂ©sintĂ©gration positive (TDP) est issue des observations rĂ©alisĂ©es par Dabrowski au cours de sa vie, tant auprĂšs de ses patients que de son entourage. Son expĂ©rience de la guerre, les emprisonnements, le suicide de son ami, la mort de sa sĆur, sont autant de jalons qui ont marquĂ© sa
Celleci est trompeuse, et dâautant plus quâelle dit parfois la vĂ©ritĂ©. Elle nâest pas fiable mais extrĂȘmement persuasive (elle sâadresse avant tout au sens, et mĂȘme si la raison la dĂ©ment, elle continue Ă faire son effet). Lâimagination est la reine du monde dit Pascal, en effet, elle est ce qui rĂ©git les rapports entre les hommes, mais Ă©galement les
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ÖĐșŃĐŸ Đ°ĐłĐ»ĐŸĐșŃĐ”Ń Őčá«ŃĐŸŃĐ”Đ±Ń Î¶ŃĐ»á. Vay Tiá»n Online Chuyá»n KhoáșŁn Ngay. Quelques pistes La conscience est proche du savoir. Si elle nâest pas elle mĂȘme savoir, câest en son sein que lâon peut dĂ©partager cette zone claire de la connaissance et celle obscure de lâignorance. Il est possible dâavoir conscience de son ignorance, mais cette conscience est dĂ©jĂ savoir de ses limites, des limites de sa connaissance. Ce savoir obscure nâest certes pas connaissance scientifique pas dâemblĂ©e, mais dĂ©sir de connaissance. Et il y a dĂ©jĂ dans ce dĂ©sir le principe des connaissances Ă venir qui sont dĂ©jĂ anticipĂ©e sur le mode du pressentiment. La conscience nâest pas le savoir, mais le point dâentrĂ©e dans le savoir ; toute conscience nâest pas savoir, mais tout savoir apparaĂźt comme conscient, Ă un certain degrĂ© de lui mĂȘme. LâĂ©tymologie le dit ce qui se fait avec conscience, se fait avec » science ». Ainsi, il est possible de faire quelque chose sans mĂ©thode, de rĂ©ussir en sâen remettant Ă la chance, mais cette rĂ©ussite sera due au hasard et ne saura pas ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©e. Elle nâest vĂ©ritable rĂ©ussite, si en plus du rĂ©sultat sâadjoint ce rĂ©sultat supplĂ©mentaire quâest la connaissance. Ce savoir nâest pas seulement le savoir de la chose, mais du processus qui a permis de la produire ou du moins de la viser, de la rencontre, de la saisir et de la connaĂźtre. La conscience est le prĂ©supposĂ© de toute connaissance, et tout connaissance, est la rationalisation de phĂ©nomĂšne conscients câest Ă dire lâordonnancement selon les lois de la nature, des reprĂ©sentations que lâon sâen fait. La conscience ne saurait ĂȘtre dĂšs lors illusoire. Elle ne pourrait ĂȘtre Ă la marge, mais seulement par dĂ©faut ce serait parce que lâon serait insuffisamment conscient que nous serions dans lâerreur. Mais en rĂ©alitĂ©, si lâon devenait pleinement conscient, la part des reprĂ©sentations qui sont admises se rĂ©duirait Ă peau de chagrin, et il ne resterait plus que des certitudes, dont lâapodicticitĂ© nous assurait de la science. La conscience absolue est scientifique, et elle est ce qui met Ă distance lâillusion et lâerreur. La conscience est source de clartĂ© et de connaissance, et non pas dâillusions. * I. A Descartes semble avoir ouvert la voie en ce qui concerne la mise en convergence de la science et de lâillusion. Ainsi, en dĂ©couvrant la conscience, Descartes rencontre le rĂ©el. Quand il cherche cette premiĂšre certitude, socle sur lequel fondĂ© son nouvel Ă©difice de savoir, il a rencontre cette chose quâest la conscience en latin, chose se dit res », qui a donnĂ© rĂ©alitĂ© ». La rĂ©alitĂ© de la conscience, est cette premiĂšre certitude, cette rĂ©alitĂ© dont on ne peut pas douter et dont la prĂ©sence, la facticitĂ© se prĂ©sente avec le caractĂšre dâune Ă©vidence telle quâon ne peut que reconnaĂźtre quâelle existe. La conscience est une chose, et la connaissance de cette chose est assurĂ©e par lâĂ©vidence Ă laquelle la conscience se prĂ©sente. La conscience a conscience dâelle mĂȘme sans lâombre dâun doute, et cette absence de doute est le critĂšre de la connaissance. La conscience de soi, est immĂ©diate et par lĂ la conscience se saisit se conçoit, se connaĂźt comme chose pensante. DĂšs lors, la conscience nâest pas source de lâillusion. Elle est source de pensĂ©es on pourrait reprĂ©senter les pensĂ©es effectivement comme un flux elles ne se juxtaposent pas dans lâespace, mais se dispose diachroniquement selon la ligne du temps, mais toutes ces pensĂ©es, qui sâĂ©coulent dans le temps quâouvre la conscience, sont toutes rapportĂ©es au sujet, Ă lâĂąme dont lâattribue essentielle est la pensĂ©e. Lâacte permanent de la pensĂ©e est ce par quoi la continuitĂ© dans le temps signale la substantialitĂ© du sujet. LâĂąme est substance pensante. Et cela ne saurait ĂȘtre une source dâillusions. B. Pour autant, la conscience est source de toutes les reprĂ©sentations sur le rĂ©el. DĂšs lors, elle est source des reprĂ©sentations justes et des reprĂ©sentations fausses. Aussi si le fait de la conscience, ou mĂȘme le fait mĂ©taphysique de la rĂ©alitĂ© substantielle de lâĂąme conçue comme chose pensante ne fait pas doute pour le rationaliste cartĂ©sien, il nâempĂȘche que des reprĂ©sentations fausses peuvent ĂȘtre reçue en la crĂ©ance de lâĂȘtre conscient de lui mĂȘme. Tel est le destin de celui qui se fie aux opinions. Or, mĂȘme Descartes le reconnait dans la premiĂšre de ses trois maximes de la morale par provision, il nâest pas possible de faire autrement que de cĂ©der sur lâexigence de vĂ©rification de la science pour rĂ©pondre aux nĂ©cessitĂ©s de la vie. La vie imposant sans dĂ©lais de se positionner dans lâexistence, il nous faut nous appuyer sur ces jugements prĂ©caires que sont les opinions pour nous orienter dans lâexistence. Ainsi, la conscience en tant quâelle nâest pas seulement le point de dĂ©part dâune reconstruction solide, selon les canons de la sciences, et de la mathĂ©sis universalis, en suivant des chaines dĂ©ductives Ă partir de principes assurĂ©s, mais aussi le principe de lâaction dans un environnement oĂč le possible et le contingent laisse place Ă la dĂ©libĂ©ration et Ă une part de latence dans la dĂ©termination, la conscience doit avoir Ă sây prendre Ă des illusions quâelle accepte en elle. Est ce Ă dire pour autant que la conscience serait source de ces illusions quâelle prend en sa crĂ©ance ? Les opinions, sont la plupart du temps, des opinions reçues. Il ne sâagit pas dâillusion produite mais reçue. Les jugements sont des prĂ©jugĂ©s, des jugements produits par dâautres. Certes il nous revient de nous assurer que ce que nous affirmons est vrai, et non pas prendre pour argent content ce que lâon nous assure ĂȘtre vrai, mais nĂ©anmoins il nous faire aussi confiance dans une certaine mesure, dans les tĂ©moignages pour des choses qui sont hors de notre portĂ©e. Il en va autrement en ce qui concerne le tĂ©moignage des sens. En effet, ce dernier est plus intĂ©rieur Ă notre psychiques que les tĂ©moignages des autres, et si notre perception Ă©tait source dâillusion, Ă©tant donnĂ© quâelle est part de notre conscience on parle de conscience perceptive alors, on pourrait dire que la conscience est trompeuse. Et il est vrai que dans la premiĂšre mĂ©ditation mĂ©taphysique, Descartes Ă©voque ce cas des illusions de sens, qui jette le discrĂ©dit sur lâensemble de leur tĂ©moignage. Sâils ont pu nous tromper une fois, ils le peuvent sans doute Ă nouveau. NĂ©anmoins, une puissance en nous semble Ă©chapper Ă cette dĂ©rive, et câest lâentendement le jugement, est ce qui rectifie les donnĂ©es illusoires de sens. Ce nâest pas les sens qui sont trompeurs, câest le jugement qui est mal ajustĂ©. Dans les rĂ©ponses aux objections, Descartes donne alors lâexemple du bĂąton brisĂ© le jugement est ce qui rĂ©tablit la rĂ©alitĂ© de la rectitude du bĂąton, alors que les sens du fait de la diffraction de la lumiĂšre diffĂ©rente en fonction du changement de milieu. Il reste que le jugement nâest pas assurĂ© lui mĂȘme de ses fondements. On pourrait imaginer une forme de folie intĂ©rieure Ă la conscience qui le soutient. C. Câest cette hypothĂšse que fait Descartes dans la premiĂšre mĂ©ditation. mais quoi ce sont des fous ? » cette phrase qui Ă©carte en apparence la possibilitĂ© de la folie, la rĂ©tablit en rĂ©alitĂ©, car Descartes sâadressant Ă lui mĂȘme est comme dĂ©doublĂ©. Il y a en effet en lui une tendance Ă jouer contre lui mĂȘme il se prĂ©sente lâhypothĂšse dâun rĂȘve, dâune illusion totale. Cet argument du rĂȘve, mis en scĂšne par le théùtre lâillusion Comique de Corneille ou le cinĂ©ma Inception de Nolan va jusquâĂ affirmer la possibilitĂ© dâun malin gĂ©nie, dâun Dieu trompeur. La conscience serait soumise donc Ă des manipulations et sujette Ă des illusions. Elle serait comme source dâillusion. DĂ©jĂ Platon avait soulevĂ© cette possibilitĂ© avec son allĂ©gorie de la caverne, mais la manipulation Ă©tait extĂ©rieure, et il Ă©tait toujours loisible au prisonnier sous le coup dâune illusion cinĂ©matographique de sortir de la caverne. LĂ , ce que lâon voit, câest au contraire câest que les illusions sont intĂ©rieures Ă la conscience, et que le malin gĂ©nie est cette instance qui fait percevoir comme vraie car certaine, câest Ă dire claires et distinctes donc Ă©videntes des vĂ©ritĂ©s qui ne le sont pas. Ce nâest pas que le tĂ©moignage des sens qui est douteux, câest le tĂ©moignage par notre esprit de lâexpĂ©rience de la vĂ©ritĂ© qui lâest. NĂ©anmoins Descartes le montre, mĂȘme si la conscience est source dâillusion, il y a en pĂ©riphĂ©rie de ce monde inquiĂ©tant et familier, une certitude absolument indubitable celle de sa propre conscience. Si la conscience est sources dâillusions ne peut-elle pas ĂȘtre sâillusionner sur sa propre nature, et son propre pouvoir ? * II. A. La conscience peut sâillusionner sur la nature extĂ©rieure et constant que les limites de son pouvoir de connaĂźtre sont plus proches dâelle quâelle ne le soupçonnait, rentrer dans un moment sceptique. Mais, ce doute peut Ă©galement, alors rebondir sur elle mĂȘme, se redoubler en doute de son pouvoir. Peut ĂȘtre que la libertĂ© qui semblait ĂȘtre la consĂ©quence de lâautarcie initiale dont une conscience se saisissant dans son concept est capable, est illusoire. Spinoza est celui qui objecte ainsi Ă Descartes que le libre arbitre est une illusion, et les neuro sciences semblent lui donner raison dans une certaine mesure. La conscience serait alors non seulement sources dâillusions, mais elle serait en tant quâentitĂ© autonome, et autarcique, entitĂ© mĂ©taphysique certaine de sa substantialitĂ© une illusion. Non seulement ce dont nous nous serions conscience seraient possiblement des illusions nous serions comme dans lâidĂ©alisme de Beckley en prĂ©sence des seules reprĂ©sentations de la rĂ©alitĂ©, sans jamais ĂȘtre certain de rencontrer la rĂ©alitĂ©, mais en plus, la conscience immĂ©diate que nous aurions de nous mĂȘmes seraient une illusion. Ou plutĂŽt il serait une illusion de dĂ©duire de cette conscience, une connaissance. Nous nous supposons peut ĂȘtre entitĂ© substantielle, mais cette supposition pour nĂ©cessaire quâelle soit pour ordonner nos reprĂ©sentation nâen est pas pour autant une connaissance. Le moi, nâest quâune pensĂ©e qui accompagne les autres pensĂ©es. Comme le dit Kant le je pense » accompagne toute mes reprĂ©sentations », mais il faut bien se garder de lui donner une rĂ©alitĂ© et de prĂ©tendre le connaĂźtre. B. Sans doute la thĂšse de Spinoza qui consiste Ă faire de la conscience une Ă©mergence, nâest pas mois rĂ©ductrice que celle de Descartes qui en fait une chose pensante ». La chose quâest la conscience serait alors assimilable au cerveau dont la conscience ne serait que lâĂ©mergence. La pensĂ©e nâest quâun attribut dâune mĂȘme substance, le fantĂŽme qui surnage, Ă travers les enchaĂźnements dâidĂ©e qui la traverse en parallĂšle des relations entre les corps quâils reflĂštent. Lâillusion quâest cette conscience ectoplasmique est expliquĂ©e par Spinoza comme Ă©tant, lâentretient dâune forme dâignorance. Pour ce cacher cette vĂ©ritĂ© dĂ©rangeante, la conscience conspire contre elle, et fomente une obscuritĂ© quâelle jette sur les causes rĂ©elles de ce qui lui arrive. Elle constate dans le corps dont elle est lâidĂ©e des changements dont elle se croit lâorigine, alors que les causes lui sont extĂ©rieures. Cette ignorance des causes, et lâorigine de lâillusion du libre arbitre. Cette illusion est doublement dommageable, car lâerreur se redouble en ignorance de cette erreur. Et cette boucle ferme la possibilitĂ© dâune correction possible. Il faut pour ĂȘtre plus libre, ĂȘtre conscience dâĂȘtre plus dĂ©terminĂ© que lâon ne croit lâĂȘtre. La conscience qui se prĂ©cipite dans le monde ne comprend pas que ce qui dĂ©termine lâaction de lâindividu quâelle croit pilotĂ©e est extĂ©rieur Ă cet individu. Ce qui lui revient en propre est de commencer Ă se faire des idĂ©es justes sur le monde et donc Ă commencer Ă sâĂ©clairer, Ă se dĂ©ciller sur les illusions produites par lâimagination. Câest par une mĂ©taphore que Spinoza montre la voie les dĂ©monstrations sont les yeux de lâesprit ». Il faut ouvrir les yeux de lâesprit, et cesser de se laisser subjuguer par les illusions des sens, qui imprĂšgnent notre esprit Ă travers cette facultĂ© hybride quâest lâimagination. La connaissance est donc source dâillusion quand elle ne se soumet pas Ă la rĂšgle logique es enchaĂźnement dĂ©ductif, par quoi lâordre des choses sâimpose Ă elle Ă lâencontre de lâordre de ses reprĂ©sentations oĂč elle tend Ă se faire le centre de tout. C. Lâillusion commune Ă Spinoza et Ă Descartes, est lâillusion chosiste. Elle consiste Ă passer du plan psychologique et descriptif de la conscience, ou plan ontologique et normatif de la connaissance. La conscience nâest pas une chose ni chose pensante, ni cerveau. Sa dĂ©couverte est Ă la fois lâĂ©mergence dâune forme de modernitĂ© par quoi elle sâaffirme comme point dâentrĂ©e dâun sujet Ă partir de quoi le monde se dĂ©ploie dans son objectivitĂ© selon une perspective particuliĂšre, et en mĂȘme temps cette dĂ©couverte, cette surrection est immĂ©diatement lâobjet dâune mĂ©prise. La connaissance prĂ©tendue de sa nature ontologique bouche la voie de lâexploration du champ quâelle constitue. Câest lâempirisme dâun Locke, qui, par exemple viendra dĂ©crire les associations dâidĂ©es, les relations et comment Ă partir de ces relations sâengendre comme terme supplĂ©mentaire la conscience de ces relations dans le champ mĂȘme que dĂ©gage Descartes par lâexpĂ©rience du cogito. Câest expĂ©rience de la conscience, pour illusoire quâelle soit quant Ă la perception de ce qui la conditionne matĂ©riellement dans lâobscuritĂ© de notre organisme ne peut ĂȘtre niĂ© en tant que vĂ©cu. Et les reprĂ©sentations telles quâelles sont vĂ©cues, peuvent ĂȘtre dĂ©crites avec quelque vĂ©ritĂ© si lâon se tourne vers elles avec une attention suffisante. La conscience une fois lâillusion chosiste levĂ©e, est la ressource dâune enquĂȘte sur notre vie de lâesprit. La suspension phĂ©nomĂ©nologique de la thĂšse du monde donne alors la marge de manĆuvre nĂ©cessaire Ă la description de cette rĂ©gion de lâĂȘtre par quoi lâĂȘtre se manifeste. Elle nâest pas source dâillusion, mais le lieu de lâapparaĂźtre du vrai. III. A. La raison de lâillusion chosiste nâest peut ĂȘtre pas une raison contingente, une erreur dâinattention. Si la posture phĂ©nomĂ©nologique, la rĂ©duction quâelle est nĂ©cessaire, et Ă contretemps de lâattitude naturelle et nĂ©cessite une conversion du regard, câest que la faute initiale que cette torsion, cette rĂ©volution copernicienne corrige nâest rien moins quâaccidentelle il sâagit au contraire dâune faute qui peut mĂȘme relevĂ©e dâune responsabilitĂ© morale, et qui comme le dit Blaise Pascal tient de notre propension Ă nous faire le centre de tout. Ce qui vient faire Ă©cran au rĂ©el nâest pas une opinion mal examinĂ©e, mais une illusion secrĂ©tĂ©e par la conscience le moi ». Ce que Pascal dĂ©signe par la substantivation dâun adverbe, câest cette substantialisation du sujet, produit spontanĂ©e de lâamour propre. Le moi est tyrannique, car alors mĂȘme quâil nâa rien de particulier et dâune mĂ©chante banalitĂ© puisquâil ne peut mĂȘme pas se dire autrement que par ce petit mot de deux lettres que tout le monde a en commun en français je », il sâestime comme Ă©tant le roi du monde. Cette absurditĂ© Ă©vidente et pourtant, et câest le plus Ă©trange, une illusion trĂšs commune et rĂ©pandue, Ă telle point que son Ă©normitĂ© passe totalement inaperçue. Câest pour expliquer la possibilitĂ© dâun tel paradoxe monstrueux, dâune telle auto hypnose collective que lâauteur des PensĂ©es en appelle Ă la puissance explicative de lâimagination que Descartes appelle aussi la folle du logis ». Celle-ci est trompeuse, et dâautant plus quâelle dit parfois la vĂ©ritĂ©. Elle nâest pas fiable mais extrĂȘmement persuasive elle sâadresse avant tout au sens, et mĂȘme si la raison la dĂ©ment, elle continue Ă faire son effet. Lâimagination est la reine du monde dit Pascal, en effet, elle est ce qui rĂ©git les rapports entre les hommes, mais Ă©galement les rapports de soi avec soi. Les ĂȘtres humains sont si peu enclins Ă la vĂ©ritĂ© quant Ă leur propre ĂȘtre, et surtout leur existence tournĂ© vers lâinessentiel au lieu de sâintĂ©resser aux questions les plus brulantes dâimportance quâils ne peuvent accĂ©der Ă la connaissance de soi quâĂ travers le dĂ©centrement maximal conversion que leur propose la religion selon Pascal, Ă travers la reconnaissance et lâimitation de JĂ©sus Christ. Lâimagination est source dâillusion et la conscience est tramĂ©e dâimaginaire. Cette soi disant conscience de soi, est en rĂ©alitĂ© une imagination de ce que nous sommes, qui nous gĂ©nĂ©ralement une reprĂ©sentation sinon complĂštement fausse en tout cas tronquĂ© de nous mĂȘmes. Nous nous reprĂ©sentons comme nous voudrions quâils nous voient, et nous demandons aux autres comme Oronte dans le Misanthrope quâils nous disent ĂȘtre ce que nous voulons paraĂźtre. Tout ce théùtre lĂ montre assez bien que le cĆur de lâĂȘtre humain est vanitĂ©, et que, comme le dit si bien Shakespeare nous sommes faits de la mĂȘmes Ă©toffes que le songes et notre infime est cernĂ©e de brouillard ». La conscience jette de lâillusion sur le monde, afin de mieux se mĂ©connaĂźtre. B. Pour autant, lâignorance dans laquelle nous sommes nâest pas totale, puisque nous pouvons la soupçonner. Et Socrate nâa pas tors de faire dĂ©boucher son connais toi toi-mĂȘme » sur le constat de ses limites la connaissance de son ignorance, puisque câest le dĂ©but dâun savoir vĂ©ritable un savoir qui connaĂźtre les limites de son application possible, câest Ă dire un savoir critique. Nous ne sommes dans lâillusion non par ignorance absolument, mais par lâignorance de ce qui limite nos connaissances. Nos connaissances sont partielles, mais elles sont suffisantes pour nous mettre en quĂȘte de connaissance vĂ©ritable, authentique, mĂȘme si celles ci sont paradoxales toutes les vĂ©ritĂ©s ne peuvent obtenir le mĂȘme degrĂ© de clartĂ© que les vĂ©ritĂ©s mathĂ©matiques, câest lĂ une limite au platonisme. Il convient donc de chercher, mĂȘme si lâon nâest pas sur de trouver. La conscience se dĂ©couvre par lĂ , Ă la fois avoir une texture inattendu non seulement, ce nâest plus une chose tendanciellement solide, ou en tout cas identifiable comme occupant une place donnĂ©e mais un flux, un ĂȘtre temporel qui sâĂ©coule dans le temps ; mais en plus, cette conscience fluente, tramĂ©e dâillusion, mais de la mĂȘme texture que le temps dont elle explore le paradoxe dâune Ă©vidence rĂ©ticente Ă ĂȘtre dite, a quelque chose dâun fonctionnement Ă la dĂ©pense. Plus elle se dĂ©ploie dans la domaine de la quĂȘte de lâabsolu qui viendrait complĂ©ter la misĂšre que la connaissance de soi rĂ©vĂšle lâabsence de fond, de fondement, plus elle dĂ©couvre de ressource. La conscience apparaĂźt alors comme la ressource dâun dĂ©sir infini de vĂ©ritĂ©, si bien que quelque chose de cette vĂ©ritĂ© se rĂ©vĂšle au cĆur de ce dĂ©sir. C. Il y a dans lâexpĂ©rience de la littĂ©rature, un tel paradoxe Ă lâĆuvre certaines grandes Ćuvres ont justement cette propriĂ©tĂ© Ă©trange de sâenrichir Ă chaque fois que lâon vient y puiser, et finalement de se rĂ©vĂ©ler inĂ©puisable. Ainsi, lâusage ne les use pas, mais les enrichit. Ainsi, la recherche du temps perdu est Ă la fois un exemple de ce type quâune communautĂ© de lecteurs fidĂšles chĂ©rissent, mais aussi la thĂ©orisation dâun tel fonctionnement dans la maniĂšre dont Marcel devient Proust, Ă travers la dĂ©couverte de lâĂ©paisseur dâune temporalitĂ© qui double lâĂ©ternel prĂ©sent dâune vie mondaine frivole. De la mĂȘme maniĂšre la conscience, est sâil faut la voir comme un courant de pensĂ©e, un Ă©lixir de jeunesse par lequel lâindividu rajeunit quand le corps dâun individu suit la pente inĂ©luctable du devenir des choses matĂ©rielles câest Ă dire la corruption. La conscience sâintensifie, se vivifie, et voit de plus en plus clairement des choses qui dans la dispersion de la jeunesse apparaissaient comme confuse. Ramasser en elle mĂȘme, elle revient Ă une certaine intensitĂ© et clartĂ© qui illumine ceux qui avec une pauvretĂ© de moyens se laissent Ă©clairer par elle. * * * ElĂšve 2 La conscience apparaĂźt avec le vivant. On pourrait reconstituer ce concept chez Aristote Ă travers la notion dâĂąme. Il distingue trois types dâĂąme vĂ©gĂ©tative, sensitive et noĂ©tique. LâĂąme et par lĂ la conscience serait liĂ©e Ă la question du mouvement ; la conscience serait la conscience dâun mouvement et par lĂ mĂȘme dâun Ă©cart avec un repos quelque chose qui reste identique Ă soi. La conscience est par soi-mĂȘme mouvement, Ă©cart avec soi mĂȘme, extase par quoi elle se tourne vers lâautre que soi lâen soi est la nourriture du pour soi » de la conscience dans la phĂ©nomĂ©nologie. Cette conscience mouvante, et ce pour quoi il y a du mouvement, et par lĂ mĂȘme aussi de la durĂ©e. La perception du temps et des Ă©carts entre temporalitĂ©s diffĂ©rentes est ce qui rend nĂ©cessaire la conscience. Ces diffĂ©rentes types de conscience, sont hiĂ©rarchiquement classĂ©es chez Aristote la conscience la plus haute est la conscience noĂ©tique, car câest le pensĂ©e du devenir en gĂ©nĂ©ral. La pensĂ©e de ce qui meut toute chose, mais qui ne se meut pas le premier moteur est accessible par intermittence Ă la pensĂ©e noĂ©tique. La phĂ©nomĂ©nologie, en hĂ©ritiĂšre de lâaristotĂ©lisme, suspend la rĂ©alitĂ© du monde pour la faire se reflĂ©ter dans le champ de la conscience transcendantale. Elle pense lâa priori corrĂ©lationnel, câest Ă dire les condition dâapparition des choses, des phĂ©nomĂšnes qui disparaissent au moment oĂč les phĂ©nomĂšnes apparaissent eux mĂȘmes. Câest cette conscience noĂ©tique, qui analyse le corrĂ©lat noĂ©tico-noĂ©matique de tout apparaĂźtre pour qui il y a du sens du monde, et qui apparaĂźt capable de dĂ©jouer les prĂ©jugĂ©s de lâattitude naturelle, câest Ă dire les illusions. Pour les autres types de conscience, si la part dâillusion est plus grande que la part de vĂ©ritĂ©, câest quâelle a une fonction vitale, et quâelle est nĂ©cessaire Ă la vie. Est ce que la conscience est spontanĂ©ment source dâillusions, Ă quoi seule la conversion du regard phĂ©nomĂ©nologique fait exception ou au contraire, il y au delĂ des illusions une part de vĂ©ritĂ© irrĂ©ductibles Ă quoi la phĂ©nomĂ©nologie ne fait que retourner, en rendant la conscience rĂ©flexive par sa mĂ©thode de rĂ©duction ? En phĂ©nomĂ©nologie, il est nĂ©cessaire de distinguer lâapparence du phĂ©nomĂšne. Le phĂ©nomĂšne est ce qui apparaĂźt, mais nâest pas forcĂ©ment une apparence. Le phĂ©nomĂšne, câest la chose telle quâelle nous apparaĂźt. La chose nâest jamais dissociĂ©e de son mode dâapparaĂźtre ; câest lĂ lâapport de la phĂ©nomĂ©nologie. La science elle-mĂȘme, qui prĂ©tend dĂ©crire le monde tel quâen lui mĂȘme, qui lâobjective, et qui le dĂ©crit indĂ©pendamment du point dâobservateur que lâon a construit sur lui, est le prolongement de lâattitude naturelle, en soi naĂŻve. La science a des prĂ©supposĂ©s, quâelle nâinterroge pas et dont elle se soutient. Il ne sâagit pas avec le sceptique de critiquer la science, et de la dĂ©couvrir non objective. Au contraire, câest son objectivitĂ© qui la rend nĂ©cessairement doublĂ©e de prĂ©supposĂ©s ininterrogĂ©s. La phĂ©nomĂ©nologie interroge les conditions de lâapparaĂźtre des choses, que nâinterroge pas la science et qui en cela recouvre le champ de la conscience, le masque par lâattitude objectivante de la science. Lâillusion nâest donc pas du cĂŽtĂ© de celui qui rĂ©affirme la nĂ©cessitĂ© de dĂ©crire le vĂ©cu de la conscience, mais du cĂŽtĂ© de celui qui croit pouvoir sauter au dessus de son ombre et dĂ©crire les choses telles quâen elles-mĂȘmes, sans jamais prĂ©juger de ce quâelles sont. Le neurocentrisme est par exemple une attitude soutenue par des prĂ©supposĂ©s nĂ©cessaires. Il est possible de dire deux choses donc qui ne sont quâen apparence contradictoires dâune part, la conscience dâobjet scientifique ou du commun en masquant les conditions dâapparaĂźtre, est source dâillusion lâobjectivitĂ© est une illusion, dâautre part, la conscience en tant quâelle est capable de devenir conscience rĂ©flexive est la source du dĂ©passement des illusions, et de lâinterrogation des prĂ©supposĂ©s. Kant fait lui aussi la diffĂ©rence entre phĂ©nomĂšne et noumĂšne. Le noumĂšne, la chose en soi, est ce qui ne peut quâĂȘtre pensĂ© et ne pas ĂȘtre connu. Il serait illusoire de croire que nous puissions la connaĂźtre. Nous nâavons accĂšs quâĂ lâapparaĂźtre des choses, qui sont en rĂ©alitĂ© conditionnĂ©e par la subjectivitĂ© transcendantale de notre espĂšce les phĂ©nomĂšnes apparaissent dans lâespace et dans le temps, dans la rĂ©alitĂ© quâil appelle Wirklichkeit », câest-Ă -dire le monde du devenir, Ă quoi lâon ne peut pas Ă©chapper. Les noumĂšnes sont au contraire sur un autre plan Ă quoi lâon ne peut pas accĂ©der. On peut juste penser quâil y a quelque chose Ă quoi lâon ne peut pas accĂ©der et qui nous est pourtant nĂ©cessaire pour penser la cohĂ©rence du plan phĂ©nomĂ©nal. Si lâintĂ©gralitĂ© des reprĂ©sentations dâune chose doit avoir une cohĂ©rence, câest quâelles sont toutes rapportables Ă cette idĂ©e transcendantale, la chose en soi, qui est lâhorizon unifiant de toutes les reprĂ©sentations que nous en avons. Elle sâesquive et sâesquisse derriĂšre chacune des phĂ©nomĂ©nalisations que lâon en a. Les objets du monde, font partie de ces choses que lâon vise Ă travers les reprĂ©sentations que lâon a dâelles, mais les sujets conscients que nous sommes le sont aussi ; ils le sont mĂȘme en premier lieu. Le noumĂšne ici, cette chose en soi, est rĂ©ellement sur un autre plan que ces entitĂ©s phĂ©nomĂ©nales, car contrairement Ă elles qui sont soumises aux lois de la nature, qui circonscrivent le possible, et explicitent les interactions dont sont capables les objets, par des lois nĂ©cessaires, les sujets sont libres. On devine alors que cet en-soi du sujet libre est ce qui Ă©chappe par excellence Ă lâindividu en question. LĂ©vinas est un phĂ©nomĂ©nologue qui voit dans le rapport au visage, lâapparaĂźtre de la transcendance, quelque chose dâinobjectivable la libertĂ©, lâabsolue singularitĂ© dâautrui. Lâobjectivation du visage la reconnaissance faciale, le dĂ©tail des Ă©lĂ©ments qui le composent⊠nâest pas le rapport au visage, câest Ă dire Ă la personne. Câest le rapport Ă la face, Ă ce qui est matĂ©riel, est visible, factuellement identifiable. LâidentitĂ© dont il sâagit dans cette façon de se laisser troubler par lâapparaĂźtre de lâautre, qui vient me dĂ©ranger dans mon propre rapport rĂ©flexif Ă mon identitĂ© consciente, câest lâipsĂ©itĂ©. LâidentitĂ© dans la diffĂ©rence, lâidentitĂ© de la conscience avec elle mĂȘme, nâest jamais figĂ©e comme dans lâen soi des choses, elle est mobile et vivante. Elle se rĂ©cupĂšre Ă travers lâinfinie variĂ©tĂ©s des modulations vĂ©cues, des Ă©tats de conscience lâautre est avant tout ce qui vient, dans une vĂ©ritable rencontre, perturber ce rapport de moi Ă moi, en sâadressant Ă moi, de maniĂšre tacite, par la simple exposition de sa vulnĂ©rabilitĂ©, de la nuditĂ© de sa face, demander dâĂȘtre pris en charge. Il y a quelque chose ici dâune relation singuliĂšre et Ă©thique, qui ne peut pas ĂȘtre rĂ©sorbĂ©e dans le dĂ©jĂ connu, qui sâimpose comme Ă©vĂ©nement et comme nouveautĂ©. Si la relation est Ă©thique, câest quâelle transforme et bouleverse ; elle impose Ă lâindividu de sâengager, et de neutraliser sa tendance au repli, au quant Ă soi on ne peut pas dire, comme dans la mauvaise foi sartrienne, ce nâĂ©tait pas moi », je nây Ă©tais pas ». On est convoquĂ© en personne. On cesse alors de jouer un personnage », de faire comme si le rĂŽle auquel nous nous adaptons Ă©tait Ă©crit dâavance. Nous sommes dĂ©muni, jetĂ© dans le monde, en charge de la responsabilitĂ© de nos actes, voire de la responsabilitĂ© de ce que les autres font en notre nom. La conscience en dĂ©passant lâillusion de lâobjectivitĂ©, devient vĂ©ritablement Ă©thique, sincĂšre et engagĂ©e subjectivement, par quoi elle rencontre un Ă©clat de vĂ©ritĂ© quant au sens de son existence. * ElĂšve 3 Lâillusion est dans sa forme sociale, une tromperie, une manipulation. Lâillusionniste, est celui qui en manipulant des objets cartes, foulards, articles de foire etc. produit des effets Ă©tonnants, et inattendus. Nous nous attendons Ă voir quelque chose et autre chose, qui semble dĂ©roger aux lois de la causalitĂ© surgit un lapin hors dâun chapeau, une cigarette dâune oreille etc.. En allant voir un illusionniste nous nous attendons Ă ĂȘtre surpris, et nous sommes heureux de lâĂȘtre quand le tour fonctionne. Câest ce qui le distingue du pick pocket on paye pour ĂȘtre trompĂ© quand on va au spectacle alors que lâon est en colĂšre de sâĂȘtre fait dĂ©rober de lâargent dans lâautre cas. Lâillusionniste de talent est celui qui instrumentalise nos rĂ©flexes perceptifs afin de faire croire Ă un enchantement, un mirage en dĂ©tournant lâattention de ce quâil y a Ă voir pour que lâescamotage puisse avoir lieu et que la carte rĂ©apparaisse dans un endroit que lâon ignorait auparavant, le miracle du spectacle a lieu. Personne nâest dupe, mais lâillusion nâest pas seulement celle basĂ©e sur les conventions théùtrales, faisant voir Oreste lĂ oĂč un acteur joue un rĂŽle ; le tour a pris quand le trucage que tout le monde prĂ©suppose derriĂšre lâapparence, nâapparaĂźt pas. Il demande Ă ce quâon le suive, lâĂ©coute, il joue avec notre attention et en rĂ©alitĂ©, il se joue de notre attention, en dĂ©jouant sa vigilance. Nous sommes heureux quâil nous trompe car nous savons quâen rĂ©alitĂ©, le principe de non contradiction les mĂȘmes choses produisent les mĂȘmes effets » nâest pas dĂ©jouĂ©. La contradiction nâest pas dans les choses, mais dans le discours qui nous demande notre confiance pour la trahir naturellement, il y a un contrat de confiance initiale qui rend Ă©trange cette confiance que lâon donne pour se faire tromper. Cette attention quâil nous demande est doublĂ©e par un intĂ©rĂȘt Ă©trange qui consiste Ă la fois Ă dĂ©sirer ĂȘtre trompĂ©, et en mĂȘme temps, dĂ©sirer relever le dĂ©fi consistant confondre le truqueur, ĂȘtre plus malin que lui, avoir un coup dâavance sur lui. Cela arrive rarement, mais câest ce mĂȘme intĂ©rĂȘt, trĂšs puissant, que lâon suscite quand on produit du sensationnel, quand on veut attirer par des rĂ©vĂ©lations, la prĂ©sentation des choses cachĂ©es les foires, les monstres, les curiositĂ©s etc. Les films de Fellini interrogent cette pulsion au cĆur de lâĂąme humaine Ginger et Fred, Fellini Roma etc. Ces films dĂ©montrent que le trucage fonctionne encore, quand il sâagit non pas tant de le faire fonctionner, que de montrer comment il fonctionne. Lâillusion, la duperie est peut ĂȘtre dâailleurs dâautant plus grande quâon prĂ©tend nous rĂ©vĂ©ler lâarriĂšre du dĂ©cors. Câest lĂ ce que dĂ©nonçait dans les annĂ©es 70 Guy Debord dans la sociĂ©tĂ© du spectacle » rien nâĂ©chappait au rĂšgne du spectaculaire, mĂȘme la critique Ă©tait rĂ©intĂ©grĂ©e au socle de cet univers quâelle critiquait. Le critique de la sociĂ©tĂ© du spectacle est interviewĂ©, passe sur les plateaux tĂ©lĂ© etc. Câest dire si la conscience est Ă la fois ce qui prĂ©tend distinguer le vrai du faux, et en mĂȘme temps ce qui se laisse tromper alors mĂȘme quâelle se croit rĂ©aliste. Peut ĂȘtre que cette illusion cette demande de spectaculaire est une demande profonde de la conscience, peut ĂȘtre que ce besoin trahit le fait quâelle est lâorigine de cette illusion, et que câest elle qui est la ressource de ce mensonge. La conscience qui est au spectacle est toujours en train de voir comme, et ne voit jamais que ce quâelle sait ou prĂ©tend savoir. Elle nâest quâen contact avec elle mĂȘme et ses prĂ©jugĂ©s. Notre cerveau, par le biais de raccourcis qui lui sont nĂ©cessaires et qui sont adossĂ©s sur lâhabitude laisse la place Ă des illusions possibles. Des croyances conscientes dâĂȘtre des croyances glissent alors peu Ă peu dans la catĂ©gorie des croyance ignorantes dâelles mĂȘmes des croyances qui se prennent pour le savoir. Les individus qui sont habituellement attentifs Ă la situation qui les environnent, deviennent caricaturaux ils rĂ©pĂštent des gestes quâils ont dĂ©jĂ fait, dĂ©rapent en se rĂ©fĂ©rant Ă dâautres contextes qui ne sont pas les bons, et paraissent alors hors dâeux mĂȘmes, dĂ©boussolĂ©s, dĂ©calĂ©s. Ils font rire ou ils inquiĂštent, ils sont semblables Ă des automates ou Ă des zombis le rire du Bergson, c est du mĂ©canique plaquĂ© sur du vivant ». Bergson parle dâune illusion propre Ă la conscience quâil nomme illusion cinĂ©matographique ». Sa conscience fonctionne comme le cinĂ©matographe, elle recompose le mouvement Ă partir dâune sĂ©rie de position fixe. Ce serait le cĆur du mensonge ce que lâon appellerait mouvement est une illusion de mouvement. Pour Bergson en effet, lâhomme est avant tout, homo faber, et les exigences de cette activitĂ©s fabricatrice sont telles quâil ne doit sĂ©lectionner dans le monde que ce qui lui est utile. Ce qui est lui utile apparaĂźt comme identifiable, câest Ă dire rĂ©identifiable, câest Ă dire fixe. Il sâintĂ©resse Ă ce qui est semblable et oublie ce qui diffĂšre. Or, par excellence, ce qui diffĂšre, câest le passage du temps, et câest cette conscience du temps quâil laisse par excellence Ă©chapper. La conscience en tant que conscience fabricatrice est source de cette illusion cinĂ©matogrpahique qui consiste Ă ramener le mouvement Ă une sĂ©rie de positions fixes ou bien Ă rapporter le temps Ă du spatial, comme par exemple la flĂšche du temps dâune frise chronologique. Cette illusion est nĂ©cessaire en ce quâelle permet la pratique, mais il est possible Ă la conscience de fonctionner aussi Ă contre emploi, de revenir sur ce qui vient avant le tournant de lâexpĂ©rience » par quoi elle se spĂ©cialise ; cette conscience sâinscrit alors dans le flux vital, et reprend un contact avec lâexpĂ©rience vĂ©cue du temps. Cela peut ĂȘtre lâexpĂ©rience de la durĂ©e conscience, mais câest aussi une expĂ©rience beaucoup plus vaste lâexpĂ©rience de la vie. La conscience est Ă la fois en tant que conscience dâune rĂ©alitĂ© utile pour lâespĂšce, source dâune illusion quant Ă la nature vĂ©ritable des choses, mais aussi capable, suite Ă une conversion du regard Ă saisir lâen soi des choses, inutile, mais vrai. Les artistes incarnent par excellence cette virtualitĂ© de la conscience se libĂ©rant des prĂ©jugĂ©s de lâusage. * ElĂšve 4 La conscience individuelle est notre point dâentrĂ©e dans le monde. Elle jette parfois sur le monde une coloration qui est subjective et quâelle prend pour la nature des choses. Les choses apparaissent comme autres quâelles ne sont. Câest par exemple, le cas dâune illusion dâoptique rapportĂ©e par les Ă©picuriens, les tours au loin qui apparaissent comme carrĂ©es. Ce type dâillusion nĂ©anmoins mĂȘme sâil a son origine dans le sujet les organes de la perception nâest pas Ă proprement parler Ă rapporter Ă la conscience elle mĂȘme. La conscience est plutĂŽt ce qui est capable, pourvue quâelle fasse appel Ă lâentendement, ce qui vient corriger ce que les sens produisent. Ainsi, le jugement redresse le bĂąton que les sens font percevoir brisĂ© dans lâeau Descartes. La conscience est source de vĂ©ritĂ©, et les sens dâillusions. Ils ne sont pas fiables mais trompeurs. La tromperie est extĂ©rieure Ă la conscience, jusque dans le cas oĂč le malin gĂ©nie viendrait Ă nous faire percevoir pour vrai des idĂ©es claires et distinctes alors quâelles sont fausses. Pour autant, lâillusion, nâest pas forcĂ©ment de ce type. Il peut y avoir des fantasmes qui sont plus puissants que ces illusions dâoptique. Ainsi, percevoir quelque chose autrement quâil ne lâest les tours rondes que lâon perçoit carrĂ© ; le bĂąton que lâon perçoit brisĂ© etc. est autre chose que percevoir quelque chose lĂ oĂč il nây en a pas. On parle alors dâune hallucination. Hamlet perçoit le corps de son pĂšre, alors quâil est mort. Il est le seul Ă le percevoir. Et ce quâil perçoit en rĂ©alitĂ© nâest rien. Câest une production de son esprit. Un esprit faux est un esprit dont la conscience fait percevoir les objets qui Ă lâextĂ©rieur nâexistent pas. Câest une conscience qui nâa plus de rapport avec le monde extĂ©rieur mais Ă soi mĂȘme. Par exemple, le mythomane qui croit Ă ses dĂ©lires, et croit que le monde se conforme Ă ses dĂ©sirs. Ou bien ces fous dont parle Descartes dans la premiĂšre mĂ©ditation et qui considĂšre quâils nâont pas de corps, ou que leur corps est fait de verre, quâils se briseront au moindre choc avec quelque chose dâextĂ©rieur. Cette illusion serait non pas due Ă quelque chose dâextĂ©rieur Ă la conscience, dâobjectivable comme la modification de la tempĂ©rature de lâair qui produit les illusions dâoptiques Ă lâorigine des mirages, mais des productions de lâesprit lui-mĂȘme. La folie serait finalement le cas oĂč la conscience ne serait plus lâinstance qui nous met en contact avec le rĂ©el, mais au contraire, celle qui nous en dĂ©tourne. Le fou ce serait quelquâun dont la conscience serait malade, qui nâaurait plus accĂšs au rĂ©el comme il se doit, et serait constamment dans une forme dâillusion appelĂ© dĂ©lire dĂ©lire de persĂ©cution, oĂč lâindividu croit entendre des personnes comploter contre lui, fantasme qui consiste Ă percevoir des choses qui nâexistent pas, affabulation oĂč lâon raconte des histoires. Descartes met de cĂŽtĂ© ces ĂȘtres dĂ©rangĂ©s, et se dissocie de leur compagnie quand il se demande si lui-mĂȘme nâest pas en train de le devenir en faisant son hypothĂšse hyperbolique du doute radical mais quoi, ce sont des fous ! » Michel Foucault, dans LâHistoire de la Folie le lui a bien reprochĂ© ce geste serait contemporain du grand enfermement. Câest Ă dire de lâĂ©poque oĂč la construction de la rĂ©alitĂ© partagĂ©e du bon sens » dont parle Descartes au dĂ©but du Discours de la MĂ©thode est en fait rendue possible, par lâexclusion dâun certain nombre de personnes de ce partage. Il ligne de partage sĂ©pare ceux dont les reprĂ©sentations sont conformes avec lâordre Ă©tabli de ceux qui sont des marginaux les pauvres, les malades, les fous, les criminels etc. Cette exclusion est fondatrice de la raison plus que ne le veulent le reconnaĂźtre les personnes que favorise une telle dĂ©marcation. Ainsi, alors que la raison est le discours qui a pu rendre compte de la folie jusquâĂ notre Ă©poque en niant au fou la possibilitĂ© de sâexprimer, il sâagit de faire parler la folie pour essayer de dire quelque chose sur la raison. La raison se soutient de ceux quâelle exclut. Elle trouve son origine non pas en elle-mĂȘme, mais elle se dĂ©finit par diffĂ©renciation dâavec ce quâelle rejette en dehors dâelle. La violence faite aux fous, aux exclus, au nom de la raison, dit plus de choses sur elle, quâelle mĂȘme. Ce quâelle dit dâelle est mĂȘme, est en Ă©cart avec ce quâelle est. Le savoir rationnel est liĂ© Ă des techniques de pouvoir par lequel il sâimpose. Les systĂšmes de sĂ©lection et de validation, sâauto-lĂ©gitiment et se renforcent pour les personnes qui y participent car finissant par ne plus soupçonner aucune extĂ©rioritĂ©, mais finalement, ils ignorent tout extĂ©rieur possible. Il nie ce qui ne vient pas les renforcer, et produisent des effets qui relĂšvent aussi de lâillusions. La raison ne serait pas raisonnable, et elle sĂ©crĂ©terait la folie en Ă©teignant dâautres perspectives sur le monde possible, car les frappant dâinvaliditĂ©. La raison serait en son fond lâorigine de la folie, et la folie serait le lieu oĂč lâon pourrait deviner les non-dits de la raison Ă partir de quoi elle sâĂ©claire. Kant avant Freud avait dĂ©jĂ soupçonnĂ©, que les illusions nâĂ©taient pas seulement liĂ©es Ă des dĂ©faillances du sujet mĂȘme si toujours Ă ses limites, Ă sa finitude, mais aussi Ă la nĂ©cessitĂ©. Lâillusion ne serait pas une dĂ©faillance, mais quelque chose qui a une fonction de rĂ©gulation pour notre psychique. Elle ne serait pas lâexception, lâĂ©cart Ă la norme, mais la norme elle-mĂȘme, Ă partir de quoi il faut repenser la pathologie comme nouvelle norme. Nietzsche dĂ©crivait la grande santĂ© comme la capacitĂ© Ă se rendre malade pour pouvoir produire une nouvelle norme, un nouvel Ă©quilibre, qui nâest pas prĂ©dĂ©terminĂ© par lâĂ©quilibre biologique hĂ©ritĂ© de lâespĂšce. LâĂȘtre humain en tant quâĂȘtre technique, et lâĂȘtre qui expĂ©rimente dâautres Ă©quilibres que ceux naturels. Il vit toujours sur le bord dâune crise, dâune catastrophe quâil doit alors corriger par dâautres innovations qui fonctionnent comme des remĂšdes toujours susceptibles dâĂȘtre transformĂ©s en poison. Les illusions de la raison, sont chez Kant, ce qui permet Ă la raison de sâorienter dans le monde. Le monde, lâĂąme et Dieu sont des concepts rĂ©gulateurs, qui produisent des promesses, alors quâils ne seront jamais rejoints car la rĂ©alitĂ© quâils dĂ©signent nâest pas totalisable, reste ouverte. Or, ils doivent ĂȘtre prĂ©supposĂ©s pour se mettre Ă connaĂźtre si le monde nâĂ©tait pas cohĂ©rent, unifiĂ©, il nây aurait pas de sens Ă en chercher ses lois. Mais cette cohĂ©rence ne sera jamais que postulĂ©. Câest la conscience en tant que fini, qui sĂ©crĂšte cette illusion prĂ©sentable sous la forme dâantinomie il est par exemple aussi probant de dire que le monde ait eu une origine quâil soit Ă©ternel, mais ces illusions lui sont nĂ©cessaire au bon fonctionnement. La folie est donc ce qui travers la raison la plus pure, qui se scinde en deux, devient schizophrĂ©nique, et se convoque Ă son tribunal critique afin de se poser des bornes. Il est sans ce dĂ©tour par la question des limites de nos pouvoirs de connaĂźtre question centrale de la Critique de la Raison Pure, nous rencontre compte que lâillusion est parfois nĂ©cessaire Ă notre Ă©quilibre. De la mĂȘme maniĂšre que certaines douleurs devenant insupportables, nous font tomber dans les vapes, de la mĂȘme maniĂšre, certaines vĂ©ritĂ©s sont trop intenses pour ĂȘtre supportĂ©e par une conscience. Dans Ecce Homo, Nietzsche parle ainsi du degrĂ© de vĂ©ritĂ© quâun esprit peut supporter, et de la dose de vĂ©ritĂ© quâil peut oser, comme mesure de la valeur. La vĂ©ritĂ© nâest pas soutenable, et lâillusion nous est nĂ©cessaire Ă vivre. Freud parle lui de dĂ©nĂ©gation. Si le rĂ©el Ă©tait visible, il nous empĂȘcherait de vivre. Cette demande de vĂ©ritĂ© nâest pas naturelle, elle est le mĂȘme le signe dâune perte de vitalitĂ©. Lâillusion est plus pragmatique, plus efficiente. Vivre dans le mensonge a quelque chose de rassurant. Tel est le reproche que Freud adresse Ă la religion il y a une part dâinfantilisme. La demande adressĂ©e au Dieu par les rites et les priĂšres, est une demande de protection qui prend la suite de la demande adressĂ©e au pĂšre quand lâhomme Ă©tait enfant. Cette demande reste alors que les parents sâabsentent ou que les rĂŽles sâinversent, et pour la satisfaire, lâimaginaire, produirait par idĂ©alisation cette entitĂ© Ă laquelle on espĂšre si on lui obĂ©it obtenir la garantie de ce qui viendrait Ă©teindre notre angoisse la vie aprĂšs la mort, la guĂ©rison des souffrances etc. Telle est la thĂšse de LâAvenir dâune Illusion. Pour Freud la conscience, en tant quâelle est la consĂ©quence du refoulement de la pulsion, est une demande dâillusion. Lâinconscient est la vĂ©ritĂ© de ce dont la conscience est le mensonge. Elle est Ă©tayĂ©e sur lâignorance volontaire de pensĂ©es refoulĂ©es. Ces pensĂ©es refoulĂ©es par lâinstance du surmoi garante des valeurs intĂ©riorisĂ©es de la culture, font parties intĂ©grantes de la personnalitĂ© psychique, puisquâelles expliquent mieux que les pensĂ©es conscientes, la plupart des actions dont la portĂ©e consiste Ă essayer de les contourner ce qui nĂ©cessite de les prĂ©supposer. La conscience est la source dâune illusion, dont le centre lui extĂ©rieur car rĂ©sidant dans lâinconscient. * ElĂšve 5 LâĂȘtre humain est un ĂȘtre dont la nature est plastique. Il nâest pas dĂ©fini par avance par un programme gĂ©nĂ©tique, biologique aucun sĂ©quençage dâADN ne pourra jamais prĂ©dire qui sera criminel de qui ne le sera pas. Il nâest pas plus guidĂ© par les Dieux ou le destin. Aristote pouvait dire alors que sa place Ă©tait entre les animaux et les Dieux, et quâil devait la bien garder sâil voulait rester dans les bornes du raisonnable, ce que commande lâĂ©thique. LâĂȘtre humain est libre, car il a affaire au contingent, au possible, et quâil peut sây orienter grĂące Ă sa raison. NĂ©anmoins, cet ĂȘtre en devenir, et qui se dĂ©finit lui mĂȘme Ă partir de dĂ©cisions orientĂ©es par les normes du rationnel, cet ĂȘtre qui acquiert une seconde nature des habitus qui vient rĂ©troagir sur la premiĂšre afin de dĂ©couvrir un potentiel absolument insoupçonnable avant, a besoin dâillusions pour grandir et sâĂ©lever au-dessus de sa condition premiĂšre. Ainsi, alors que Platon condamne lâimitation au titre de ce quâelle productrice dâapparence et donc dâillusion, quâelle trompe la conscience, Aristote la loue comme le ressort mĂȘme de lâapprentissage. Si tous les hommes dĂ©sirent apprendre, câest par lâimitation quâils commencent Ă apprendre, et en particulier car cette imitation se fait avec un certain plaisir. Freud dĂ©jĂ parle du surmoi comme une instance de rĂ©gulation du psychique, venant canaliser les pulsions du ça, et normer le moi, comme gĂ©nĂ©rer par un processus dâidĂ©alisation. LâidĂ©al du moi est produit par identification Ă des rĂ©fĂ©rents, dĂ©jĂ primaires les parents puis secondaires les personnes que lâon rencontre et donc le dĂ©veloppement de lâenfant, est polariser par cette image de lui mĂȘme quâil trouve en dehors de lui, et quâil se met Ă intĂ©grer Ă son psychique et conserver en lâabsence mĂȘme de la personne par la suite. Cette idĂ©alisation est ce qui permet la scission du psychique par quoi lâinstance du surmoi intervient pour rĂ©guler les pulsions, les canaliser, et aider Ă la transformer en dĂ©sir, et en mĂȘme temps. Elle donne une direction, lâidĂ©alisation creuse lâhorizon et lui redonne une forme dâinfini. Lâinfini du dĂ©sir nâest pas que quand il nâest pas la rĂ©pĂ©tition infinie des mĂȘmes dĂ©sirs qui aussitĂŽt Ă©teints renaissent Ă lâidentique, mais lâobjet dâun dĂ©sir infini, qui surprend toujours et dont on prend soin, car il renouvelle le mystĂšre de lâidentification paradoxale avec lui. Descartes montre que le dĂ©sir se nourrit dâune certaine illusion celle qui fait rapporter les petites filles louches Ă un dĂ©sir dâenfance initial, et aussi soupçonne que la cristallisation peut se faire sur un dĂ©faut, indiquant que le dĂ©sir fait toujours signe vers le dĂ©faut originaire dont il procĂšde et mĂȘme sâil remarque que câest habituellement plutĂŽt Ă des qualitĂ©s quâĂ des dĂ©fauts quâon sâattache. En effet, ce dĂ©faut originaire du dĂ©sir, est cette sorte de manque que dĂ©signe Platon en rapportant la gĂ©nĂ©alogie dâEros Ă ponos et pĂ©nia. Ce rapport Ă lâidĂ©alisation et Ă lâimitation montre quâautrui est ce par quoi est mĂ©diĂ© notre rapport aux valeurs. Autrui intercĂšde entre nous et nous mĂȘmes, et fut-ce Ă titre de catalyseur, il aide la conscience Ă se ressaisir, soit immĂ©diatement, au niveau prĂ© rĂ©flexif comme par un affect soit au niveau rĂ©flexif. Le dĂ©centrement nĂ©cessaire pour se saisir comme cette difficile identitĂ© qui diffĂšre de soi passe par lâintĂ©gration, par exemple, des reprĂ©sentations que les autres ont de nous et se font de nous. Câest souvent par opposition, contraste, nuance, dĂ©calage que se fait lâaffirmation de soi. La conscience nâest libre que par rapport Ă une situation. Si bien que, puisque la conscience est libertĂ©, elle est toujours possiblement une chose et une autre Ă la fois. Ces compossibles donnent raison aux illusions que lâon se fait. La conscience se nourrit de ce que lâon voit dâelle et quâelle nâimagine pas encore pouvoir ĂȘtre. La conscience nâest pas seulement source dâillusions de fantasmes, de dĂ©sirs, de cristallisations qui idĂ©alisent autour dâun individu des attentes qui ne le concernent pas mais nous, mais aussi lâillusion est sa ressource. La conscience de soi se nourrit de ce que les autres voient en elle, Ă condition que ceux ci ne soient pas rĂ©duction. La vĂ©ritable illusion, celle qui serait inacceptable et qui tend Ă sĂ©parer la conscience de ses possibles, câest la rĂ©duction Ă lâĂ©tat de chose. Autrui sa conscience en tant quâil peut tendre Ă vouloir me rĂ©duire Ă lâĂ©tat dâobjet, dâoutil, de moyen pour ses propres dĂ©sirs, et sources de la plus pernicieuses des illusions celle qui dĂ©nature la conscience pour en faire une chose. Cette illusion nâest pas pour autant anodine, qui pourrait ĂȘtre dĂ©savouĂ©e par le rĂ©el. Elle prend la place du rĂ©el comme un fantasme qui est attestĂ© collectivement. Elle relĂšve en ce sens parfois de lâidĂ©ologie, comme câest le cas pour le racisme les races certes nâexistent pas, les biologistes lâont montrĂ©. Mais mĂȘme si ce concept est fallacieux, quâil ne correspond Ă aucune rĂ©alitĂ©, ceux qui lâutilisent lui donnent une forme de rĂ©alitĂ©. Le racisme existe et les reprĂ©sentations qui tendent Ă rĂ©duire des individus Ă un certain nombre de caractĂšres physiques sont rĂ©elles. En sens, la conscience en tant quâelle est lâinstance productrices des reprĂ©sentations, est la cause de cette illusion chosiste pernicieuse. Mais, en tant quâelle est aussi conscience critique, elle est aussi le remĂšde Ă ce poison. Par le dialogue, la distinction, lâĂ©coute de la multiplicitĂ© des arguments, elle dĂ©passe cette opposition entre la reprĂ©sentation du rĂ©el et le rĂ©el pour le voir tel quâil est et non pas au prisme des prĂ©jugĂ©s reçus. * ElĂšve 7 De la mĂȘme maniĂšre que LaBruyĂšre dĂ©crivait des caractĂšres MĂ©nalque est lâĂ©tourdi par exemple, il est possible de dĂ©crire des types psychologiques qui permettent dâidentifier les individus comme appartenant Ă un certaine catĂ©gorie de personnes avec qui, mĂȘme sâils ne sont pas de la mĂȘme famille, ils partagent des traits de caractĂšres communs. Naturellement aucune des personnages en question nâest vĂ©ritablement une personne, ce sont des idĂ©aux types, des reprĂ©sentations caricaturales mais qui disent par leur univocitĂ© mĂȘme, la vĂ©ritĂ© de certaines traits qui nous traversent. Nous participons de la rĂ©alitĂ© transversale qui tisse ensemble certains individus sĂ©parĂ©s physiquement, mais contigus dans cette ribambelle des vĂ©ritĂ©s de comportements possibles. La conscience individuelle, qui nous fait, par le repli sur soi et la capacitĂ© Ă dire je » ou moi » percevoir comme radicalement diffĂ©rent de tout autre, fait ressentir comme Ă©trange cette Ă©cart avec la reprĂ©sentation que lâon a de nous. Les autres prĂ©tendent nous connaĂźtre en ce quâils reconnaissent en nous quelquâun quâils ont dĂ©jĂ connu par ailleurs. Ils nous assimilent Ă quelquâun dâautre, alors quâils nous prĂ©tendent nous connaĂźtre nous mĂȘmes. Ces trouble de la conscience, ces confusions, Ă©veillent la mĂ©fiance de Descartes qui se soustrait Ă cette illusion en remarquant les sentiments que son inclination le poussait Ă ressentir en prĂ©sence des jeunes filles louches ne concernent pas la personne quâil rencontre, mais le souvenir quâil lui Ă©voque. Il nâest pas en prĂ©sence de la personne dans sa diffĂ©rence irrĂ©ductible, mais de sa propre conscience, en ce quâelle se protĂšge de lâaltĂ©ritĂ© du monde et de ce quâil y a de troublant dans une rencontre en convertissant lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© du rĂ©el en souvenir. On ramĂšne lâautre au mĂȘme. On rapporte tout Ă soi. Il faut alors ouvrir les yeux et voir non pas ce que lâon sait, mais ce que lâon voit, or rien nâest plus difficile. Leibniz et Pascal on bien vu ces difficultĂ©s le premier qui est le second historiquement a montrĂ© quâil nây avait pas dâentitĂ© sans identitĂ©. Une entitĂ©, avec une unitĂ©, que si elle Ă©tait identique Ă elle mĂȘme. Il dĂ©duit de cela le principe des indiscernables. Câest Ă dire que si deux choses sont absolument indiscernables elles ne forment quâune seule et mĂȘme chose. Si elles sont deux, câest quâelles sont dissemblables par certaines de leurs caractĂ©ristiques ne serait ce que leur position dans le monde, lâespace quâils occupent nâest pas le mĂȘme, ce qui les amĂšnent alors Ă diffĂ©rer et aussi diverger. Le devenir, leur destin sont sĂ©parĂ©s, aussi proche soit leur origine commune deux feuilles appartenant au mĂȘme arbre ; deux gouttes au mĂȘme nuage. Pascal remarque que le rapprochement entre deux choses que lâon sait diffĂ©rentes, est souvent le fait de lâesprit. Câest dâun point de vue extĂ©rieure que deux choses dissemblables peuvent ĂȘtre rapportĂ©es lâune Ă lâautre Ă travers une analogie, une comparaison etc. Ainsi, Deux visages semblables, dont aucun ne fait rire en particulier, font rire ensemble par leur ressemblance. » B133 L13. Pascal classe ce fragment dans le feuillet vanitĂ© » il sâagit ici de la vanitĂ© de lâobservateur qui rit de ce quâil voit de ce quâil a mis dans le rĂ©el pour se lâapproprier. Ce que masque cette projection, ce qui fait Ă©cran dans cette pratique divertissante qui consiste Ă distinguer ce qui est semblable de ce qui est diffĂ©rent, câest le vĂ©ritable travaille de lâesprit, câest la diffĂ©rence profonde entre les choses. Un individus qui se contenteraient de jouer le jeu des petites diffĂ©rences » comme le fustige Rousseau chez le courtisans qui font grand cas de dĂ©tails en semblant en tirer une diffĂ©rence de nature entre les gens du peuple et les aristocrates câest quâil finiront par sâaveugler sur la diffĂ©rence essentielle celle entre le paraĂźtre et lâĂȘtre, entre lâapparence et lâessence justement. Les ĂȘtres humains qui se divertissent sont attentifs Ă de petites diffĂ©rences de surface, superficielles, alors quâils se rendent aveugles Ă la diffĂ©rence fondamental, Ă ce qui est dĂ©cisif et fait toute la diffĂ©rence. Le choix de lâexistence, la valeur qui Ă lâarriĂšre plan de tous leurs actes restent invisible Ă leur yeux. Ils finissent par ne plus chercher la vĂ©ritĂ©, la croyant sinon inexistante du moins inaccessible. Câest lâillusion que produit cette projection sur le rĂ©el de ce que nous attendons de lui, et qui nous fait prĂ©sumer de sa nature. Lâillusion serait donc Ă la fois dans la conscience spectatrice qui met dans le monde ce qui lâapproprie Ă son idiosyncrasie et dans la conscience active, qui ne cesse de diffĂ©rer ave celle mĂȘme, tout en se percevoir comme stable et identique Ă elle mĂȘme. La conscience se vit comme une identitĂ© Ă lâĂ©cart, et en ce sens de diffĂ©rent de tous le reste. Son attitude premiĂšre et de nier lâappropriation Ă ce qui nâest pas elle elle ne dit rien positivement sur elle mĂȘme, mais tout ce quâon dit elle pour essayer de le qualifier, elle le refuse. Son affirmation premiĂšre, consiste Ă dire non ». Certes, Descartes a essayĂ© dâaffirmer positivement quâelle est chose pensante » aprĂšs lâavoir refuser toutes les autres choses comme douteuses, câest Ă dire illusoire. Mais cet attribut essentiel quâest la pensĂ©e, reste assez fragile en ce quâil ne sâassure de lui mĂȘme que quand il se dĂ©tourne de tout contenu qui lui est extĂ©rieur pour se saisir dans la transparence de la conscience Ă elle mĂȘme. Certes, Descartes a fait se dissiper les illusions du monde, voire lâillusion quâest le monde en identifiant la pensĂ©e et la conscience, en montrant quâil nây a pas le moindre Ă©cart, pas la moindre place pour le doute entre eux, mais cette vĂ©ritĂ© de la conscience sur elle-mĂȘme, qui la fait percevoir comme une rĂ©alitĂ© res cogitans faisant Ă©chec Ă la duperie du malin gĂ©nie reste sinon temporaire je suis, jâexiste est nĂ©cessairement vraie toute les fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit » 2nd MĂ©ditation du moins local cette vĂ©ritĂ© est une zone de clartĂ© dans un ocĂ©an dâincertitudes, ou tout pourrait nâĂȘtre quâillusion, des hommes qui passent et que lâon peut voir quand on se met Ă la fenĂȘtre ce seraient des automates, au morceau de cire dont la forme se dissipe au contact de la flamme du bougie, jusquâau monde qui ne serait que mirage, et aux mathĂ©matiques quâeffet de la manipulation dâun dieu pervers, falsifiant ses propres lois et dĂ©crets. La conscience qui se saisit elle mĂȘme, en se croyant source de diffĂ©rence et dâune rĂ©alitĂ© absolument singuliĂšre, ne serait pas moins source dâillusion que celle qui se tourne vers le monde. Les types dâindividus extravertis se tournent vers le monde, et savent par le jeu de lâimagination pour lequel ils ont acquis quelque habiletĂ© se tromper eux mĂȘmes en regardant ce quâils veulent voir, ou dĂ©couvrant ce quâils croient savoir, sans voir ce quâil y a vraiment. Mais ceux qui, plus introvertis, cherchent en eux mĂȘmes la bonne articulation au rĂ©el, le rĂ©glage de lâappariement entre leur conscience est le monde ne sont pas plus dans la vĂ©ritĂ© que les autres. Dans ce rapport Ă eux mĂȘmes, la conscience nâest pas moins sous lâeffet des prestiges de lâimagination que dans lâautre cas on ne se ment pas moins Ă soi mĂȘme. Ainsi, le mensonge suprĂȘme, qualifiĂ©e de mauvaise fois par Sartre, est de se prendre pour une chose le soldat qui se fait chose, en fixant son regard Ă dix pas, et ne voyant pas ce sur quoi son regard ne sâarrĂȘte plus ; le garçon de cafĂ© qui se coule dans une norme sociale en prĂ©tendant ne rien ĂȘtre dâautre ; ou la femme coquette qui fait mine de ne pas voir que sa main repose comme une chose dans les mains de celui qui la sĂ©duit. Câest bien au fond, ce que Sartre reproche Ă Descartes, la conscience ne peut pas ĂȘtre une chose la partie oĂč le monde Ă©tait rĂ©duit aux reprĂ©sentations, aux perspectives que le sujet jette sur lui montrait suffisamment bien que la conscience Ă©tait nĂ©gation. Mais il nâest pas allĂ© suffisamment loin, la conscience nâest pas une chose, position dâune positivitĂ©, la pensĂ©e, mais elle est elle mĂȘme, nĂ©gativitĂ©, nĂ©ant, puissance de nĂ©gation et non dâanĂ©antissement. Elle est ce qui se nie pour lâautre puisse lui apparaĂźtre. Cette conscience de son propre nĂ©ant intĂ©rieur et par lĂ de sa vanitĂ© a quelque chose dâinsoutenable. Câest pour cela, quâil faut la mĂ©thode de la mĂ©taphysique pour lâaborder, sur le plan existentiel, cela sâĂ©prouve sous la forme de lâangoisse, ou de lâennui, ces sentiments limites oĂč le sujet sâabime. La mauvaise foi est la rĂ©ponse qui consiste Ă nier ce nĂ©ant, on pourrait dire Ă le dĂ©nier » si Sartre nâavait pas maille Ă partir avec la psychanalyse. Lâillusion dont la conscience est la source ne peut pas concerner seulement le monde, mais aussi sa propre nature. Seule une opĂ©ration singuliĂšre et contre nature, permet de la gager comme le champ de lâapparaĂźtre des phĂ©nomĂšne et de suspendre la volontĂ© de lui donner une substance, dâen faire une chose. Cette confusion de la conscience avec la connaissance de sa nature, sâenracine dans une confusion entre la conscience et le monde. Câest que quand elle perçoit les choses, elle est Ă la fois en contact avec ce qui la transcende les choses mĂȘmes mais aussi avec ce quâelle y met pour recevoir ce qui lui est autre. Le dĂ©sir de se connaĂźtre soi mĂȘme intĂ©gralement, serait Ă©quivalent alors du dĂ©sir de sâidentifier avec le monde. Ce serait un dĂ©sir dĂ©mesurĂ©e, marquĂ© dâhubris, une forme de dĂ©lire mĂ©taphysique que Kant appelle SchwĂ€rmerei enthousiasme qui fait oublier les bornes. Pour se guĂ©rir dâune telle prĂ©tention outranciĂšre, la perspective critique donne certes une aide prĂ©cieuse, mais dâautres maniĂšres moins austĂšres son possibles. Ainsi, si le vice originaire tient Ă ce que la conscience est perçue comme chose, identitĂ© en soi, il sâagirait de la considĂ©rer comme diffĂ©rence, traversĂ©e par les tendances. Lâillusion au cĆur de la conscience, serait celle qui consiste Ă percevoir son identitĂ© comme celle des objets, une identitĂ© figĂ©e, fixĂ©e Ă elle mĂȘme come dans lâen soi des choses. Il est possible de concevoir un autre type dâidentitĂ©, qui tienne compte de ce mouvement continuel, cette fluence de la conscience qui sâinscrivant dans la durĂ©e, ne peut jamais ĂȘtre que dans le passage dâun Ă©tat Ă un autre, sans jamais ne sây arrĂȘter câest lâidentitĂ© narrative ou ipsĂ©itĂ©. Lâillusion sur lâidentitĂ© Ă soi se voit quand on affirme ĂȘtre la mĂȘme personne » alors que de toute Ă©vidence nous ne sommes par les mĂȘmes entre le moment de notre enfance, et celui de notre Ă©tat adulte. Les changements sont physiques, mĂȘme si un air » subsistent qui nous permet de deviner au delĂ du changement quelque chose qui demeure. De mĂȘme nous faisons lâexpĂ©rience de la non permanence de notre ĂȘtre, lâexpĂ©rience dâun changement perpĂ©tuel Ă nous mĂȘmes, si bien que nous sommes dâinstant en instant arrachĂ© Ă nous-mĂȘmes. Nous expĂ©rimenter lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©, lâaltĂ©ritĂ© entre sein propre, et câest elle qui nous ferait avancer, progresser, Ă©voluer. Ce qui se rĂ©pĂšte se sclĂ©rose, le changement sâil exprime une diffĂ©rence profonde nous rĂ©invente, lâinnovation sâancre dans la continuitĂ© dâune histoire et donc dâun passĂ©. Bergson comparait ces progrĂšs de la conscience Ă une boule de neige qui en roulant accumule de la matiĂšre et grossit harmonieusement. Cette diffĂ©rence que nous sommes est en mĂȘme temps ce qui perme de nous identifier. La diffĂ©rence est ici un certain rapport au temps, une certaine maniĂšre de diffĂ©rer le rapport au nĂ©ant la mort qui devra nous emporter, une maniĂšre de faire vivre quelque chose qui rĂ©siste Ă cette tendance Ă lâentropie qui atteint le corps, et qui donne des signes, dâune nature autre que matĂ©rielle. Cette transmission qui se joue entre les gĂ©nĂ©rations permet de susciter le retour des maniĂšres du passĂ© Ă travers des Ćuvres douĂ©es dâesprit les Ćuvres dâart qui permet de faire revivre les solutions trouvĂ©e contre la rĂ©sistance de la matiĂšre. Cette diffĂ©rence que nous sommes, nous la trouvons aussi dans lâEssai sur les DonnĂ©es ImmĂ©diates de Bergson, lâexemple de ces camarades de classe qui proche un jour voient leurs destinĂ©es se sĂ©parer, et chacun suivant leur chemin trouve dans leur retrouvaille un charme particulier car câest comme sâils restaient le complĂ©ment lâun de lâautre. Ainsi, la vie qui sâĂ©coule demande de faire des choix, et de dĂ©clarer illusoires des possibles qui nâauront pas Ă©tĂ© rĂ©aliser pour que dâautres puissent avoir lieu choisir câest dĂ©truire es possibles. Mais lâautre qui incarne une autre voie, qui a explorĂ© dâautre possible nous ramĂšne Ă nos virtualitĂ©s qui sâavĂšrent rĂ©elles et il nous ramĂšne Ă nous mĂȘmes, en nous rappelant ce quâun jour nous avions Ă©tĂ© capable de faire. Un mĂȘme lien de solidaritĂ© peut se trouve Ă un niveau plus gĂ©nĂ©rationnel. Et câest lĂ encore, une forme de proximitĂ© entre le rĂ©el et lâillusion qui se joue au niveau de la diffĂ©rence, de la diffĂ©renciation ici non plus entre lâapparence et lâessence, ou entre la conscience et elle mĂȘme, mais entre deux camarades semblables ou proches qui suivent des lignes de destin diffĂ©rentes. ON pourrait imaginer que cette confusion, cette illusion nĂ©cessaire est ce qui habite Ă©galement la relation Ăąme corps que Descartes pose comme une notion primitive et que MerleauâPonty explore avec les outils de la phĂ©nomĂ©nologie. De Descartes Ă Leibniz lâhistoire de la pensĂ©e fait signe vers la notion de lâinconscient. Si pour le penseur français la pensĂ©e et la conscience sâimpliquent mutuellement jusquâĂ finir par sâidentifier Leibniz doute que cette substance pensante ainsi dĂ©couverte soit toujours consciente. La clartĂ© et la distinction qui le signe dâune vĂ©ritĂ© sans phares et donc lâindication du rĂ©el, se double dâune frange qui nimbe la zone nette oĂč il est difficile de distinguer sâil sâagit de lumiĂšre ou dâobscuritĂ©. Ces zones intermĂ©diaires oĂč lâaccommodation nâest pas Ă©vidente permet de penser les effets de seuil, lĂ oĂč peuvent sâintervertir, par intermittence, ce qui apparaĂźt comme rĂ©el et illusion. Les effets de distorsion de la perception du monde comme le phĂ©nomĂšne de dĂ©jĂ vu », ou les moments crĂ©pusculaire entre chien et loup, ou lâami et lâennemi ne se distinguent plus nettement, oĂč le familier devient Ă©trange, voire inquiĂ©tant lâUnheimlichkeit du parle Freud, et quâillustre le HorlĂ de Maupassant, sont des situations trĂšs favorable Ă la pensĂ©e baroque oĂč le roi est vu comme le plus misĂ©rable des hommes car ne pouvant pas se passer de divertissement, oĂč le bouffon se conçoit comme sage car seul Ă assumer la folie du monde comme dans La Nuit des Rois de Shakespeare. Câest dans ces phĂ©nomĂšnes de marges, de franges, que la pensĂ©e de la traversĂ©e des seuils qui restitue le principe de continuitĂ© au-delĂ des ruptures que lâon observe. Ainsi, quand Leibniz nous parle des petites perceptions, du bruit des vaguelettes imperceptibles en soi, dont le bruit est en dessous du seuils de la conscience que lâon peut en avoir, mais qui agrĂ©gĂ©es les unes aux autres produisent lâimpressionnant mugissement dâune vague roulant sur la plage, il nous montre comment au cĆur du monde, de sa prĂ©sence, lâillusion ici confusion des sens, est nĂ©cessaire. La rumeur du monde ne nous atteint dans le repli de notre conscience monadique, fermĂ©e sur elle mĂȘme, close au point dâĂȘtre sans porte ni fenĂȘtre » quâĂ travers des fils qui la tisse par avance Ă tous les autres atomes de conscience et qui vibrent et qui sâentre-expriment mutuellement depuis le point de vue quâils ouvrent sur la totalitĂ©. Câest donc en approfondissant au lieu oĂč toutes les confusions se font notre pensĂ©e, perception voire volontĂ© du monde, que nous pourront explorer dans sa richesse et son ambiguĂŻtĂ©. Cette Ă©toffe dont Shakespeare dit que nous sommes fait, et qui est de la mĂȘme nature que celle des songes, il sâagit dâen explorer les replis Ă travers une synesthĂ©sie de nos sensations, au risque dâune confusion de nos sentiments, afin de rendre compte de la richesse complexe du monde pris dans un Ă©cheveau de possibles non toujours rĂ©alisĂ©s. Lâillusion est le lieu oĂč la conscience se mĂȘle au monde avec quelque confusion et dans lâĂ©paisseur de cette Ă©toffe, de cette chair, se trouve la possibilitĂ© dâun rapport complexe au rĂ©el. Lâillusion est le lieu oĂč se trame notre rapport au rĂ©el. Cette confusion originaire que la PhĂ©nomĂ©nologie de la Perception de MerleauâPonty explore et que la peinture charnelle de CĂ©zanne dĂ©montre et enrichit, câest ce qui chez Descartes se nomme union de lâĂąme et du corps ». Câest Ă travers cette union, par lequel lâĂąme nâest pas dans le corps comme un pilote en son navire câest Ă dire quâil est immĂ©diate uni Ă lui, Ă tel point que dans lâexpĂ©rience le monisme englobe le dualisme mĂ©taphysique inĂ©vitable si lâon suit la rĂ©duction du doute hyperbolique, que nous avons accĂšs au monde, et que nous sommes par lĂ mĂȘme uni Ă lui, puisque notre propre corps est lui mĂȘme partie du monde. A la fois sujet et objet, Ă©lĂ©ment du monde, Ă partir de quoi le monde mâapparaĂźt. Ce chiasme qui fait que se rĂ©vĂšle Ă moi ce qui mâenglobe par ailleurs alors que je tends de le comprendre, est lâexpĂ©rience originaire Ă partir de quoi tout se pense. La reprise de cette circulation par quoi on se dĂ©couvre partager une mĂȘme nature, le monde et moi, fait que la pensĂ©e et aussi un forme de pansement qui tend Ă rĂ©duire cet Ă©cart, cette schize, ou bĂ©ance qui sâouvre avec le sentiment de lâabsurde, ou de lâirrĂ©ductibilitĂ© de mes dĂ©sirs Ă lâordre indiffĂ©rent des choses. Lâillusion quâest cette confusion primordiale, est Ă la fois lâexpĂ©rience du dĂ©menti de cette illusion, et ce qui guĂ©rit la blessure dâun tel Ă©cart par laquelle je me sens extĂ©rieur Ă ce qui arrive, voire Ă ce qui mâarrive. Lâillusion de la confusion quâest lâexpĂ©rience, vient rendre possible lâexamen du vrai, en mĂȘme temps que rĂ©duire la douleur tragique fomentĂ©e par la tension duelle entre lâesprit et la matiĂšre. Lâillusion a donc une portĂ©e thĂ©rapeutique aussi bien quâhermĂ©neutique. La conscience est source dâillusion, mais câest en ce sens mĂȘme quâelle est capable de vĂ©ritĂ©. Si la confusion de la vie ne la faisait pas sourdre dâelle mĂȘme, elle ne rencontrerait jamais les choses et ne pourrait pas reconquĂ©rir sur le disjointement initial, la possibilitĂ© dâun discours vrai. Le mathĂ©matique elles-mĂȘmes, que Desanti disait ĂȘtre ni du ciel ni de la terre cf. les IdĂ©alitĂ©s MathĂ©matiques sont susceptibles pour se soutenir elle mĂȘmes, dâinvention, et dâusage de forme dâillusions. Les nombres imaginaires i = -1 sont des pĂ©titions, des demandes qui redoublent les nombres rĂ©els, afin de permettre la solution de problĂšmes avec des complexes. Lâimaginaire et avec lui lâillusion nâest plus ce qui sâoppose au rĂ©el, mais ce qui le complĂšte et qui lâĂ©claire. Il est le dĂ©tour nĂ©cessaire. Et si la source est capable de rĂ©alisme, de rencontrer le rĂ©el, câest parce quâelle est capable de faire preuve dâimagination par quoi elle tend Ă construire des mĂ©diations vers lui, pour en rĂ©vĂ©ler la complexitĂ© passionnante.
Objectif LâĂ©lĂšve sera capable de dĂ©terminer les rapports de la conscience et de lâinconscient dans le comportement de lâindividu. GrĂące Ă la conscience, lâhomme parvient Ă se dĂ©tacher du monde Ă la diffĂ©rence de lâanimal. Par elle, non seulement il entre en relation avec le monde et les autres mais encore il se saisit comme le sujet des actes quâil pose. Ainsi, lâhomme semble avoir une claire luciditĂ© de ce quâil est et fait. Mais tous les actes que lâhomme pose sont-ils toujours guidĂ©s et Ă©clairĂ©s par la conscience ? Le sujet humain est-il toujours maĂźtre et possesseur de lui-mĂȘme ? Il ne le semble pas comme lâatteste lâhypothĂšse freudienne de lâinconscient de sorte que beaucoup de choses lui Ă©chappent. Pour Freud en effet, lâessentiel de la vie psychique de lâhomme est constituĂ© et dĂ©terminĂ© par lâinconscient. Cependant, si on accepte cette thĂ©orie freudienne, peut-on encore maintenir lâidĂ©e dâun sujet libre et responsable de ses actes ? I- LA CONSCIENCE 1- Quâest-ce que la conscience ? a Conscience psychologique et conscience morale Le mot conscience vient du latin cum scientia » qui signifie accompagnĂ© de savoir ». Etre conscient en ce sens, câest agir, sentir ou penser et savoir quâon agit, quâon sent ou pense. On peut alors dĂ©finir la conscience comme lâintuition câest-Ă -dire la connaissance immĂ©diate quâa un sujet de son activitĂ© psychique, de ses actes, du monde et de lui-mĂȘme, autrement de ce qui se passe en lui et en dehors de lui. Il sâagit lĂ de la conscience psychologique quâon divise en conscience spontanĂ©e et en conscience rĂ©flĂ©chie. La conscience spontanĂ©e est lâimpression premiĂšre qui accompagne tous les actes du sujet et par laquelle ces actes sont simplement Ă©prouvĂ©s. Autrement, il y a conscience spontanĂ©e lorsque la conscience se porte vers lâobjet auquel on fait attention Ă un moment particulier si jâai faim et je dis jâai faim », cela montre que je fais attention Ă ma sensation de faim et que jâen ai ainsi conscience. La conscience spontanĂ©e est la simple prĂ©sence du sujet Ă lui-mĂȘme, le simple sentiment de soi ». La conscience rĂ©flĂ©chie est le retour critique du sujet sur ce quâil pense, ce quâil vit, sent ou fait pour lâanalyser. Le sujet a ici conscience dâĂȘtre conscient ; il porte lâattention sur lâĂ©tat de conscience lui-mĂȘme, câest-Ă -dire sur ce qui se passe en lui. Il convient par ailleurs de distinguer la conscience psychologique de la conscience morale. Celle-ci est la propriĂ©tĂ© quâa lâesprit de porter spontanĂ©ment des jugements de valeur, câest-Ă -dire de distinguer ce quâil convient ou non de faire. Câest par elle que nous avons une idĂ©e du bien et du mal. La conscience morale, câest ce qui permet Ă lâhomme dâapprouver ou de rejeter une situation ou un acte ; câest elle qui lui permet face Ă une situation quâil a trouvĂ©e rĂ©voltante de sâen indigner et de sây opposer. Câest aussi elle qui explique le sentiment de faute et les remords quâon a par exemple quand on a mauvaise conscience ; ou a contrario elle donne une haute estime de soi lorsquâon a bonne conscience. La conscience morale, câest cette voix intĂ©rieure qui nous dĂ©tourne de mal agir et nous incite Ă bien agir. Elle est la condition de la libertĂ© et de la responsabilitĂ© insĂ©parables de lâaction morale ; autrement, câest parce que lâhomme possĂšde la conscience quâil peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un sujet libre et responsable de ses actes, donc comme un sujet moral. Dire de lâhomme quâil est libre suppose quâil est capable, avant dâagir, dâopĂ©rer un choix en toute connaissance de cause, en toute conscience ; et câest parce quâil est capable dâun tel choix conscient quâil peut ĂȘtre tenu pour responsable des actes quâil pose pour celui qui en rĂ©pond, qui les assume comme siens. Alain 1868-1951 en sâappuyant sur la conception courante quâon se fait de la conscience, va contester la distinction que nous avons faite entre conscience psychologique et conscience morale. Pour lui la conscience, opposition de soi Ă soi, retour du savoir sur lui-mĂȘme, est toujours implicitement morale car elle est dĂ©cision de penser. Pour Alain ce quâon appelle conscience spontanĂ©e nâest pas vĂ©ritablement une conscience humaine puisque lâanimal en est aussi pourvu. La conscience humaine se reconnaĂźt plutĂŽt dans la capacitĂ© quâa le sujet humain de revenir sur lui-mĂȘme comme câest le cas dans la conscience rĂ©flĂ©chie. Dans la conscience rĂ©flĂ©chie, le sujet prend de la distance par rapport Ă ce quâil a fait pour pouvoir lâapprĂ©cier, le juger ; câest en cela que la conscience est opposition de soi Ă soi. Or, dans la conscience morale, le sujet revient Ă©galement sur ce quâil a dĂ©jĂ posĂ© comme acte pour y porter des jugements de valeur. Sâil en est ainsi, toute conscience humaine se ramĂšne en dĂ©finitive Ă la conscience morale. Ce nâest dâailleurs quâĂ partir du 17e siĂšcle avec Descartes 1596-1650 que le mot conscience auquel Ă©tait attachĂ© un sens moral comme dans le langage courant, va prendre une autre signification. b Le cogito cartĂ©sien Avec Descartes, le sujet pensant devient ce Ă partir de quoi sâordonne la vĂ©ritĂ© et sâorganise le savoir. Cela signifie quâaucune connaissance du monde des objets nâest possible que pour un sujet qui pense et se saisit dâabord comme pensĂ©e câest-Ă -dire pour une conscience. Sa dĂ©marche est fondĂ©e sur le doute mĂ©thodique qui est un procĂ©dĂ© consistant Ă remettre, par Ă©tape, en question tout ce quâon a admis antĂ©rieurement afin dâĂ©tablir la vĂ©ritĂ© sur des bases solides. Descartes va ainsi douter de tout de telle sorte que, si une chose rĂ©siste au doute, il la considĂšre comme vraie. Il dĂ©cide donc de douter des sens qui sont trompeurs, des sciences qui comportent des erreurs et de tout ce qui lui vient Ă lâesprit. Il imagine mĂȘme un malin gĂ©nie » qui sâacharne Ă le tromper. Mais Ă la fin, il constate quâil y a une chose qui rĂ©siste au doute et aux machinations du malin gĂ©nie » le fait mĂȘme de douter quâil doute, lâĂ©vidence de la pensĂ©e en acte rĂ©vĂ©lant du mĂȘme coup son existence. Câest ce qui va lui permettre dâaffirmer je pense, donc je suis ». Chez Descartes, la conscience se ramĂšne Ă la fonction de penser que chacun peut dĂ©couvrir par sa propre rĂ©flexion. Une telle pensĂ©e Ă lâoeuvre est toujours accompagnĂ©e du savoir de celui qui pense autrement, quand on pense, quand quelque chose se passe en soi, on en est nĂ©cessairement conscient. Cela implique que la conscience de soi est en mĂȘme temps une connaissance de soi lâindividu est transparent Ă lui-mĂȘme non seulement parce quâil pense mais encore parce quâil a conscience de penser. Cette certitude amĂšne Descartes Ă faire du sujet une chose pensante » ou une substance pensante » radicalement diffĂ©rente du corps â quoique intimement unie Ă ce dernier. Il introduit ainsi une dualitĂ© entre le corps et lâĂąme câest-Ă -dire la conscience et lâhomme ne se dĂ©finit que par sa conscience, nâexiste que dans la mesure oĂč il est conscient de son existence pensante. c Conscience de soi et connaissance de soi La conception cartĂ©sienne de la conscience ramĂšne celle-ci Ă une intĂ©rioritĂ© propre Ă lâhomme. Câest grĂące Ă une telle intĂ©rioritĂ© que je sais mieux que quiconque du moins jâen ai lâimpression, ce que je pense ou ressens. Câest en cela aussi que je me reconnais comme un sujet unique et que je fais lâexpĂ©rience de ma solitude radicale. En rĂ©alitĂ©, je ne prends conscience de moi quâĂ partir des autres câest grĂące Ă eux que je me dĂ©couvre comme un sujet singulier, que jâai conscience de moi. Mais avoir conscience de soi signifie-t-il avoir une connaissance de soi ? Si lâon en croit Malebranche 1638-1715, le sentiment intĂ©rieur que jâai de moi-mĂȘme mâapprend seulement que je suis» ; il ne me montre pas ce que je suis. Le cogito exprime mon existence et non mon essence. Dâailleurs, le fait de vivre sur le mode de la premiĂšre personne nâimplique pas selon Kant, que la conscience soit synonyme dâintĂ©rioritĂ©. La conscience de soi nâest pas possible sans les choses extĂ©rieures au moi. Elle nâest pas une entitĂ© intĂ©rieure câest-Ă -dire une substance au sens cartĂ©sien mais ce qui permet Ă lâhomme dâunifier toutes ses reprĂ©sentations ; autrement ce qui lui permet de se distinguer du monde extĂ©rieur en rapportant tout Ă lui-mĂȘme. Chez Kant, la conscience nâest plus une substance comme chez Descartes, mais une activitĂ© ayant une fonction unificatrice. 2- Les fonctions de la conscience a La conscience comme sĂ©lection On prend gĂ©nĂ©ralement conscience des situations qui exigent un choix. Ainsi dans une tĂąche oĂč elle est sollicitĂ©e, la conscience nâĂ©voque que les souvenirs utiles Ă lâaccomplissement de cette tĂąche. La conscience est alors attention Ă lâaction et câest pourquoi Henri Bergson 1859-1941 affirme que toute conscience signifie choix ». On peut donc dire que la fonction premiĂšre de la conscience est lâadaptation de notre organisme au rĂ©el. b La conscience comme synthĂšse La conscience ne se contente pas de choisir les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă lâaction elle les organise par une activitĂ© de synthĂšse. On distingue ainsi â une synthĂšse temporelle par laquelle, la conscience qui nâest pas figĂ©e dans lâinstant prĂ©sent, unifie le passĂ© au prĂ©sent en se tendant vers lâavenir. Câest en ce sens que Bergson dit quâelle est un pont jetĂ© entre le passĂ© et lâavenir ; â une synthĂšse perceptive par laquelle, la conscience rassemble et organise les donnĂ©es de la perception ; â une synthĂšse personnelle par laquelle la conscience unifie tous ses Ă©tats en les rapportant au moi. Câest grĂące Ă une telle synthĂšse que lâidentitĂ© personnelle est saisie malgrĂ© les changements qui affectent le corps et mĂȘme le psychisme. Au total, dire que la conscience est synthĂšse, câest dire quâelle nâest pas une simple donnĂ©e intĂ©rieure mais quâelle est une activitĂ© tournĂ©e vers lâextĂ©rieur. Câest en ce sens que la conçoit Edmund Husserl 1859-1939. c La conscience comme intentionnalitĂ© Tout comme pour Kant, pour Husserl la conscience ne se dĂ©finit pas par lâintĂ©rioritĂ©, mais par son rapport au monde. La conscience est toujours visĂ©e de quelque chose, orientation vers lâextĂ©rieur ; on ne peut ainsi penser la conscience si on lui retire son objet. Câest en ce sens que Husserl affirme que toute conscience est conscience de quelque chose ». Tout cogito sujet pensant porte en lui son cogitatum objet pensĂ© auquel il se rapporte et se distingue. Mon enfance par exemple, dont je me rappelle Ă lâinstant est bien la mienne ; elle nâest pourtant pas totalement moi qui mây rapporte en ce moment oĂč jây pense. Husserl dira que la conscience est intentionnalitĂ©, câest-Ă -dire quâil existe une distance irrĂ©ductible entre le sujet et lâobjet quâil vise, mĂȘme si cet objet est le sujet lui-mĂȘme. En dâautres termes, la conscience ne coĂŻncide jamais avec elle-mĂȘme ; elle est fondamentalement ouverture au passĂ© ou au futur. Ainsi, avant dâĂȘtre instrument dâune connaissance, la conscience est donatrice de sens. En effet, la conscience fait exister le monde pour nous, elle impose et dĂ©veloppe tout un rĂ©seau de significations autour de nous orientant notre perception du monde. Au total, par la conscience, non seulement lâhomme parvient Ă se saisir comme sujet mais encore Ă se rendre familier le monde quâil transforme pour lui confĂ©rer une signification humaine. Elle apparaĂźt ainsi comme le guide qui Ă©claire les actions humaines. Mais elle nâest pas un guide infaillible car elle ne dĂ©tient pas toute la vĂ©ritĂ© sur le sens de ses actes. Câest en ce sens que Nietzsche 1844-1900 affirme que nul nâest plus que soi-mĂȘme Ă©tranger Ă soi-mĂȘme ». Câest que selon Spinoza 1632-1677 la conscience est fortement dĂ©terminĂ©e par lâĂ©tat de notre corps de sorte que sa puissance en dĂ©pend. Karl Marx 1818-1883 lui, soutiendra que la conscience humaine nâa pas de rĂ©alitĂ© en dehors de la sociĂ©tĂ©. Câest surtout Freud qui va Ă©branler la conception traditionnelle de la conscience avec sa thĂ©orie de lâinconscient. II- LâINCONSCIENT Dans la conception traditionnelle, lâhomme est dĂ©fini par la pensĂ©e consciente câest-Ă -dire par une activitĂ© psychique oĂč le sujet est censĂ© avoir un contrĂŽle absolu de sa pensĂ©e et de sa conduite. A partir de Freud, une telle conception sera remise en cause. Pour lui, la rĂ©alitĂ© profonde de lâactivitĂ© psychique est ignorĂ©e du sujet car relevant de lâinconscient ; cet inconscient constitue mĂȘme lâessentiel de la vie psychique et dĂ©termine lâhomme de part en part. Cependant, que deviennent la libertĂ© et la responsabilitĂ© de lâhomme sâil est dĂ©terminĂ© par lâinconscient ? Nâest-ce pas parce quâil est considĂ©rĂ© comme un ĂȘtre conscient et libre quâon peut le tenir pour responsable de ses actes ? Lâinconscient nâest-il pas alors invoquĂ© pour fuir ses responsabilitĂ©s ? 1- Lâinconscient avant Freud Le mot inconscient est habituellement utilisĂ© comme lâadjectif venant dâinconscience. En tant que tel il qualifie au sens psychologique, un ĂȘtre dĂ©pourvu de conscience par nature le caillou par exemple ou momentanĂ©ment sous lâeffet de lâanesthĂ©sie par exemple et au sens moral, une personne non consciente des consĂ©quences de ses actes lâenfant, le fou ou qui se conduit de façon irresponsable et insouciante en sâĂ©cartant des rĂšgles Ă©tablies par la sociĂ©tĂ© un pĂšre de famille inconscient. Dans la perspective freudienne cependant, lâinconscient est gĂ©nĂ©ralement utilisĂ© comme un substantif un nom. Il dĂ©signe alors un domaine psychique particulier contenant des reprĂ©sentations pensĂ©es, images, souvenirs refoulĂ©es, câest-Ă -dire repoussĂ©es de la conscience. Ces reprĂ©sentations sont rĂ©gies par des mĂ©canismes propres qui se caractĂ©risent par lâindiffĂ©rence Ă la rĂ©alitĂ©. Lâinconscient ignore en effet le doute, la contradiction ou lâinterdiction. On peut se rendre compte de cette indiffĂ©rence Ă la logique de la rĂ©alitĂ© dans les rĂȘves qui paraissent dĂ©cousus, incohĂ©rents ou absurdes. En tant quâadjectif dans cette perspective, lâinconscient renvoie Ă ce qui Ă©chappe Ă la conscience tout en Ă©tant quelque chose que celle-ci peut connaĂźtre un dĂ©sir inconscient par exemple. MĂȘme si câest avec Freud que lâinconscient acquiert le statut de concept, certains philosophes avant lui en eurent lâintuition. Ainsi, alors que Descartes, identifiant conscience et pensĂ©e, ne reconnaissait pas lâexistence de lâinconscient psychique, Leibniz 1646-1716 admettait lâexistence de petites perceptions inconscientes, câest-Ă -dire des changements de lâĂąme dont nous ne nous apercevons pas ». De mĂȘme Bergson, identifiait lâinconscient Ă lâoubli par lequel les perceptions et les souvenirs qui ne sont pas utiles Ă lâaction sont chassĂ©es de la conscience. Dans tous les cas pour ces philosophes, la conscience demeure lâinstance privilĂ©giĂ©e, lâinconscient nâest considĂ©rĂ© que comme ce qui nâest pas encore conscient ou ce qui ne lâest plus. Seul Nietzsche 1844-1900 soutiendra lâexistence dâune pensĂ©e inconsciente mettant en question la prĂ©tention du sujet Ă maĂźtriser grĂące Ă la conscience, ses pensĂ©es et ses sentiments. Une pensĂ©e, Ă©crit-il Ă ce sujet, ne vient que quand elle veut, et non quand câest moi qui veux ». 2- Le psychisme humain selon Freud a Les deux topiques Dans une premiĂšre Ă©laboration de la thĂ©orie de lâinconscient dite premiĂšre topique, Freud propose de comprendre le psychisme comme la coexistence de trois instances fonctionnelles â le conscient situĂ© Ă la pĂ©riphĂ©rie du psychisme qui reçoit les informations du monde intĂ©rieur et extĂ©rieur pour les organiser dans lâintĂ©rĂȘt du sujet ; â le prĂ©conscient dont les reprĂ©sentations ne sont pas en permanence dans la conscience mais ont toujours la possibilitĂ© dây entrer ; le prĂ©conscient est situĂ© entre le conscient et lâinconscient ; â lâinconscient qui est constituĂ© de pulsions qui sont des forces anarchiques orientant lâorganisme vers la rĂ©duction dâune tension faim, agressivitĂ©, libido. De lui-mĂȘme, lâinconscient est incapable de revenir Ă la conscience parce quâune rĂ©sistance sây oppose. La rĂ©sistance est due Ă la censure qui interdit aux dĂ©sirs jugĂ©s inacceptables par la conscience morale de se manifester. La censure provoque ainsi un refoulement qui est une opĂ©ration repoussant et maintenant hors de la conscience les reprĂ©sentations liĂ©es Ă une pulsion dont la satisfaction nâest pas compatible avec les exigences morales reçues de lâĂ©ducation. Dans une seconde topique, Freud prĂ©sentera le psychisme comme le lieu dâun conflit permanent et constituĂ© de trois instances â Le Ăa, totalement inconscient, est le rĂ©servoir des pulsions et des dĂ©sirs. Il est rĂ©gi par le principe de plaisir qui pousse le sujet Ă satisfaire ses pulsions et Ă supprimer toute excitation pĂ©nible ; â Le Moi qui inclut la conscience, cherche Ă satisfaire les pulsions du Ăa tout en tenant compte des conditions imposĂ©es par le monde extĂ©rieur. Il est rĂ©gi par le principe de rĂ©alitĂ© qui le pousse en raison des dangers quâentraĂźnerait la satisfaction des pulsions et au regard de la rĂ©alitĂ© extĂ©rieure, Ă rĂ©soudre les conflits qui lâopposent au Ăa et au Surmoi ; â Le Surmoi qui est formĂ© par lâintĂ©riorisation des exigences sociales est la conscience morale, le juge du Moi. En somme, chez Freud, lâinconscient nâest pas simplement le non conscient ; il dĂ©signe une rĂ©alitĂ© positive et dynamique. Câest dâailleurs parce que lâinconscient est dynamique, câest-Ă -dire quâil produit des effets qui se manifestent, que Freud a Ă©tĂ© conduit Ă en construire lâhypothĂšse. Cette hypothĂšse sâest avĂ©rĂ©e fĂ©conde car sans elle, les donnĂ©es de la conscience qui sont extrĂȘmement lacunaires, demeureraient incomprĂ©hensibles. b Les manifestations de lâinconscient Il se passe en nous dans la vie quotidienne, des choses dont la signification nous Ă©chappe nous amenant Ă dire souvent ça me dĂ©passe, câest plus fort que moi ». Ce sont lĂ des symptĂŽmes de lâinconscient qui ne se manifeste quâen se dĂ©guisant. Si lâinconscient se manifeste ainsi tout en se voilant, câest parce quâil est de nature conflictuelle. Ces manifestations sont essentiellement les rĂȘves, les actes manquĂ©s et les conduites nĂ©vro-psychotiques. â Le rĂȘve Le rĂȘve est, selon Freud, la voie royale qui mĂšne Ă la connaissance de lâinconscient dans la vie psychique ». Le rĂȘve rĂ©sulte en effet dâun travail dâĂ©laboration au terme duquel les dĂ©sirs refoulĂ©s parviennent Ă sâexprimer mais tout en se dĂ©guisant pour dĂ©jouer la censure morale et pour ĂȘtre acceptĂ©s par la conscience. En dâautres termes, le rĂȘve est la satisfaction inconsciente et dĂ©guisĂ©e dâun dĂ©sir refoulĂ© ». Le rĂȘve possĂšde ainsi un contenu latent câest-Ă -dire cachĂ©, qui est la source du rĂȘve et un contenu manifeste exprimant de maniĂšre symbolique câest-Ă -dire plus ou moins voilĂ©e le contenu latent. En interprĂ©tant le rĂȘve on peut retrouver les pulsions qui en sont la cause. â Les actes manquĂ©s Ce sont des actes dans lesquels le rĂ©sultat visĂ© consciemment nâest pas atteint et se trouve remplacĂ© par un autre de façon inattendue. On y distingue les lapsus de parole dire un mot pour un autre, les ratĂ©s de mĂ©moire oublier un nom ou un rendez-vous, les maladresses de lâaction renverser un objet. Ce sont des conduites quâon rĂ©ussit habituellement et dont lâĂ©chec semble dĂ» Ă lâinattention ou au hasard. Mais Freud montre que ces actes ne sont ni insignifiants ni nĂ©gligeables. En rĂ©alitĂ©, lâinconscient profite dâune circonstance favorable pour se manifester en contournant le barrage que fait habituellement la censure. Par exemple le PrĂ©sident dâune AssemblĂ©e ouvrant la sĂ©ance du jour en dĂ©clarant je dĂ©clare la sĂ©ance close » manifeste ainsi son ennui inconscient. â Les conduites nĂ©vro-psychotiques Alors que le rĂȘve et les actes manquĂ©s sont pour la plupart des symptĂŽmes bĂ©nins, il existe dâautres manifestations de lâinconscient qui sont de vĂ©ritables maladies psychiques la nĂ©vrose et la psychose. La nĂ©vrose est une maladie psychique chronique nâimpliquant ni infection, ni lĂ©sion organique, ni dĂ©sorganisation de la personnalitĂ© et qui sâaccompagne pour le sujet dâune conscience douloureuse de son Ă©tat. Elle sâexplique par la situation conflictuelle entre les mĂ©canismes de dĂ©fense du Moi et les dĂ©sirs inconscients. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle est une dĂ©fense du sujet malade contre des souvenirs intolĂ©rables liĂ©s Ă un traumatisme gĂ©nĂ©ralement sexuel subi dans lâenfance. La psychose elle, implique une rupture entre le Moi et la rĂ©alitĂ© puis une reconstruction dĂ©lirante de cette rĂ©alitĂ© en fonction des exigences de lâinconscient. Le psychotique est dĂ©lirant ou autistique mais nâa pas conscience de son anomalie. 3- Critique de la thĂ©orie freudienne La thĂ©orie freudienne du psychisme est appelĂ©e psychanalyse. Celle-ci est une mĂ©thode dâinvestigation et dâinterprĂ©tation dĂ©voilant le sens inconscient des actions, des pensĂ©es et des rĂȘves dâun sujet. Elle aboutit Ă un traitement mĂ©dical consistant Ă transformer lâinconscient pathologique suivant le principe que le retour Ă la conscience de lâinconscient guĂ©rit les troubles mentaux. Freud considĂ©rait la psychanalyse comme la troisiĂšme rĂ©volution majeure aprĂšs celles de GalilĂ©e et de Darwin Ă©branlant fortement lâidĂ©e que lâhomme se fait de lui-mĂȘme dans le monde. La thĂ©orie freudienne apprend en effet aux hommes que malgrĂ© leur sentiment de libertĂ©, ils ne disposent pas toujours dâeux-mĂȘmes. Mais câest justement au nom de la libertĂ© essentielle Ă lâhomme que Jean-Paul Sartre 1905-1980 va rejeter la thĂ©orie de Freud. Pour Sartre, lâhomme est un sujet libre parce que conscient et totalement transparent Ă lui-mĂȘme. Toutefois sa conscience qui est libertĂ©, est capable de nier sa propre transparence pour sâinstaller dans la mauvaise foi. Celle-ci consiste pour le sujet humain Ă se masquer la vĂ©ritĂ© dont il est nĂ©cessairement conscient, Ă chercher des excuses Ă ses actes. Câest ce qui se passe avec lâinconscient tel que lâentend Freud, qui nâest selon Sartre quâun processus de mauvaise foi. Celle-ci sert gĂ©nĂ©ralement dâĂ©chappatoire devant la difficultĂ© dâassumer la libertĂ© et apparaĂźt ainsi immorale ; elle est immorale puisquâelle nie la libertĂ© et du mĂȘme coup la responsabilitĂ© devant nos actes. Freud aurait pu rĂ©torquer Ă Sartre que ce dernier nâaccepte pas sa nouvelle image dâhomme et son refus de lâinconscient serait mĂȘme une preuve de lâexistence de celui-ci. Par ailleurs, la thĂ©orie freudienne connaĂźt les assauts dâune critique Ă©pistĂ©mologique câest-Ă -dire au plan scientifique de la part de Karl Popper 1902-1994. Car Freud considĂšre la psychanalyse comme une thĂ©orie scientifique parce quâelle a Ă©tĂ© confirmĂ©e par une multitude dâobservations. Or, pour Popper, le critĂšre de la scientificitĂ© dâune thĂ©orie rĂ©side plutĂŽt dans la possibilitĂ© quâon a de la falsifier câest-Ă -dire de la rĂ©futer. Sâil en est ainsi, un tel critĂšre nâest pas applicable Ă la psychanalyse parce quâelle fait tout pour ne pas ĂȘtre infirmĂ©e, câest-Ă -dire tout le contraire dâune attitude scientifique. Si on Ă©tudie de prĂšs la psychanalyse, on peut se rendre compte quâelle a rĂ©ponse Ă tout sur les actes humains quâelle interprĂšte pour leur assigner un sens. Voulant tout expliquer, elle finit par ĂȘtre une sorte de fourre-tout servant Ă expliquer nâimporte quoi. A cela on peut ajouter quâelle est fortement tributaire de lâĂ©poque et de la culture de son fondateur alors quâune thĂ©orie vraiment scientifique doit valoir dans tous les temps et tous les lieux. Au regard des critiques Ă©thique de Sartre et Ă©pistĂ©mologique de Popper, la thĂ©orie freudienne semble ne plus payer de mine. Mais est-il juste de dire que la psychanalyse vise Ă nier la libertĂ© de lâhomme ? Et dâailleurs, le fait quâelle ne soit pas une science, en fait-il une discipline moins importante dans la culture humaine ? En rĂ©alitĂ© lâobjectif de Freud nâest nullement de nier la libertĂ© mais de montrer les limites de la conscience qui se prĂ©tend totalement libre. Dâailleurs, la psychanalyse est avant tout une thĂ©rapie visant Ă guĂ©rir certaines maladies pour permettre au patient de reconquĂ©rir sa santĂ© et son autonomie, autrement lâexercice plein de sa libertĂ©. Comme lâĂ©crit Paul Ricoeur, la psychanalyse est une guĂ©rison par lâesprit, le vĂ©ritable analyste nâest pas le despote de la conscience malade, mais le serviteur dâune libertĂ© Ă restaurer. En quoi la cure, pour nâĂȘtre pas une Ă©thique, nâen est pas moins la condition dâune Ă©thique retrouvĂ©e lĂ oĂč la volontĂ© succombe au terrible ». Que la psychanalyse ait des limites sur le plan thĂ©rapeutique, câest Ă la mĂ©dicine dâen juger, elle nâen reste pas moins une rĂ©volution au sein des sciences humaines par la conception nouvelle quâelle donne de lâhomme. DĂ©sormais, pour comprendre lâhomme, cet inconnu », il faut compter avec cette thĂ©orie inaugurĂ©e par Freud. Si elle a suscitĂ© des critiques, câest surtout parce quâelle a portĂ© atteinte Ă des vĂ©ritĂ©s sur lâhomme longtemps tenues pour indĂ©passables. Lâinconscient nâen demeure pas moins le propre de lâhomme tout autant que la conscience.
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La conscience Fiche de revision n°1 La conscience I/ La connaissance de soi doit-elle passer par la conscience de soi? a/ La prise de conscience b/ Lâattention c/ Le choix II/ La conscience est-elle une connaissance privilegie de soi? A/ La representation B/ La reflexion C/ La reflexivite III/ La conscience de soi est-elle connaissance objective de soi? I/ La connaissance de soi doit-elle passer par la conscience de soi? a/ La prise de conscience Elle a le pouvoir de conduire a un changement dans notre vie. Quand trouve tâon une prise de conscience chez SOCRATE? 1er degres de la prise de conscience Lâexperience de lâaporie prise de conscience passive et contrainte; par la rencontre dâun obstacle; elle met en echec la croyance illusoire engendre par lâopinion. Opinion = ignorance+ignorance qui sâignore elle-meme 2eme degres de la prise de conscience Prendre conscience câest se dedoubler de la pensee en se mettant a distance de ce que lâon faisait, etait, croyait, sans reflexion? Homme vieux » ou vieux moi » On se place alors au point de vue nouveau ? Homme neuf » 3eme degres de la prise de conscience Prise de distance permanente; humour forme de sagesse, elle permet de mesurer nos limites et dâen rire. b/ Lâattention Elle permet non pas de changer quelque chose dans notre vie, mais notre vie en profondeur changer DE vie, changer en passant dâune vie a lâexterieur en passant a une vie qui se cree a partir de soi. La conscience nâest pas seulement prise de distance, elle sâinvestit aussi dans la realite, dans lâaction. Par exemple lorsque je suis consciencieuse je dirige mon action vers un objectif. Lâattention câest un effort de maitrise sur un objectif pour rapporter ce que lâon sait a ce que lâon decouvre et determiner de plus en plus precisement les contours de lâinconnu. cf. texte de Socrate ou il fait preuve lui-meme dâattention. Attention volontaire? Attention spontanee Attention spontanee Les animaux par exemple en font preuve, elle correspond a lâattente du retour dans lâavenir dâun evenement passe. Attention volontaire elle nâest pas la forme la plus reflechie de lâactivite de la conscience? donc lâetre conscient risque de se disperse de sâoublier lui-meme dans son activite et donc de se definir seulement par la facon dont il sâinvestit dans le monde exterieur. Ce qui compte en fait ce sont nos actes dans la mesure ou ils sont intentionnels et maitrise. Ce sont nos qualites et nos defauts qui font ce que nous sommes, mais câest aussi moi qui fait mes qualites t mes defauts selon que je les ignorent ou les controlent et selon la conscience que jâen ai. Ici ce que je suis câEst-ce que jâai reussi a etre, le connaissance de soi devient morale. Praxis? Poesis ARISTOTE Praxis Action ou lâagent se modifie lui-meme en fonction dâun jugement sur la valeur dâun but a atteindre. Poesis Fabrication technique, savoir determiner les moyen de produire une fin on sait juger de la valeur des moyens Les vertus pour etre morales doivent etre issus de la conscience de chaque individu, il faut sâinventer dans chaque situation. Induction= du concret a lâuniversel, pour SOCRATE le questionnement sur chaque vertu particuliere par exemple quâEst-ce que le courage? doit mener au questionnement sur la vertu en general, pour lui il nây a quâun seul bien. QuâEst-ce que la vertu? = Connais toi toi-meme », phrase quâil faut reinventer, SOCRATE lui donne un nouveau sens il sâagit de se realiser sois meme a partir de lâinterrogation sur ce que lâon doit etre. On en arrive a une connaissance de soi sur ce que jâai dâhumain, la conscience ou connaissance de lâhumanite en soi. Avec lâattention, il sâagit de devenir. La pensee de lâhomme reste encore opaque, il doit encore la decouvrir. c/ Le choix QuâEst-ce que lâetre humain a de different par apport a un etre qui ne lâest pas? Le choix est une puissance de changement, cette fois pour changer la vie, changer le sens de la vie. Que la foule en convienne ou non, quelque soit le sort qui nous est reserve, lâinjustice est dans tout les cas pour celui qui la commet un mal et une honte. » Rq â On juge universellement lâintention de lâacte et pas ses consequences â Câest une affirmation universelle-meme si un seul individu est seul a la soutenir Universel? Unanime Dans cette citation on a dâun cote la conscience morale principes moraux et de lâautre la conscience collective/conscience psychologique poids des emotions, des sentiments, ici peur de mourir » Dâapres la citation ce choix est un choix qui determine la vie, le sens de la vie. Il sâagit dâoffrir le choix dâune autre perspective sur la vie humaine en la referant a des valeurs et a un sens de nature immortelle ou eternelle. Donc en placant au fondement de la vie humaine mortelle une vie immortelle celle de lâame. II/La conscience est elle une connaissance privilegie de soi? / La representation La conscience rapporte lâhomme a lui-meme a sa place dans le monde, mais en meme temps elle lâeloigne de lui-meme pour en faire un etre des lointains ». En effet penser, câest etre ailleurs. Selon Hegel, lâhomme a une double existence, il vit les choses, et il les pensent. Par sa conscience lâhomme nâest pas seulement dans la presence, il est aussi dans la representation de lui-meme ou de tout autre objet de penser. Presenter ? Representer Presenter câest referer a une existence dans un lieu present et dans un temps present ici et maintenant. Representer , câest presenter une deuxieme fois par la pensee, et non plus dans lâespace et le temps. Câest presenter qqch en son absence quand il nâest plus ou pas encore la. Mais lâimagination reste dans la dependance de la perception, or toute representation ne depend pas de la perception ni de lâimagination. Imagination Capacite de representer les choses en leurs absence. âSans doute quâil nây pas de pensee humaine qui ne sâaccompagne pas dâimage âMais toute les pensees ne Sont-elles que des images? Perception ? Representation Le lien entre perception, imagination et entendement câest la pensee. La pensee Ce dont nous pouvons avoir la representation dans lâesprit Pour DESCARTES il nây a de pensee que consciente. Conscience capacite a apercevoir nos pensees, leur contenu de facon immediate. Pour DESCARTES il y une independance entre la realite pensante et la realite physique? dualisme cartesien Je ne suis pas seulement loge dans mon corps ainsi quâun pilote en son navire, mais outre celaâŠje lui suis conjoint tres etroitement et tellement confondus et mele que je compose comme un seul tout avec lui. » DESCARTES Meditation Metaphysiques VI . Du point de vue ordinaire JE SUIS un corps, du point de vue reflechis JâAI un corps. / La reflexion La reflexion est le retour de lâesprit sur ses pensee en les reconnaissant pour siennes. Exemple lâemotion avec la peur, au depart câest lâaraignee qui est effrayante puis lorsque plus tard je repense a cette experience je me rend compte que câest MOI qui est ete effrayee. Lettre cursive 2 extrait des Meditations Metaphysique de DESCARTES 1 Nous avons acces a nos id la realite exterieure que par le monde interieur de nos idees, or nous avons des idees aussi bien quand nous revons que lorsque nous percevons, donc nos idees a elles seules ne permettent pas de distinguer le reve de la realite. La realite pourrait etre un reve cf. argument baroque. Pourtant nous avons un instinct naturel qui nous permet de ressentir la realite donc QuâEst-ce qui nous permet de remettre en doute cela? 2Selon DESCARTES sur quelles connaissances ne peut on sâappuyer et pourquoi? La perception sensible voir ex du Soleil. Autre exemple la platitude. Il y a une contradiction entre ce que nous percevons par les sens et lâexplication scientifique. Et pourtant cette contradiction ne nous permet pas de nous debarrasser de cette perception illusoire car elle nous trompe et elle ne peut cesser de nous tromper. Les inclinations naturelles, spontanee elles nous disent quâil y a une realite hors de nous, elles nous font passer de lâidee de chose reelles a lâaffirmation irreflechis quâelles existent hors de nous. Autre inclination le sentiment quâil faut fuir la douleur et rechercher le plaisir. La connaissance rationnelle elle meme ce nâest pas habituel, de plus DESCARTES sâen sert pour demontrer sa these. Il affirme pourtant que les theories scientifiques nous les avons invente alors quâelle sont sense dire ce quâest la realite. On accede alors a la realite la plus concrete par ce quâil y a de plus abstrait Les Mathematiques. Mais il y a une difference entre la perception de la lumiere par exemple et sa realite physique, les equations mathematiques ne ressemblent pas aux couleurs que nous percevons. Psychologiquement la lumiere est une QUALITE et non une QUANTITE. 3 Sur quelles connaissances sâappuie tâil au contraire, et pourquoi? ? Connaissance de lâesprit lorsque lâon a une idee, on lâa vraiment. Lâexpression interiorite est trompeuse, car elle renvoie par opposition a un interieur or cette interiorite ne se situe pas dans un espace. Lâinteriorite câest seulement ce qui reste dans la pensee une fois que lâon a suspendu toute reference exterieur a lâesprit pensant. Elle joue un role de REPLIS par apport a tout ce qui est trompeur ou plus generalement par apport a tout ce qui est autre que nous. Elle joue egalement un role de reference point fixe par apport auquel tout le reste est en mouvement. Dans son interiorite lâhomme est un concepteur dâunivers. c/ La reflexivite ? Le doute cartesien je doute donc je pense donc je suis. je pense donc je suis » extrait du discours de la methode. Quelle est cette existence? âest une existence pensante a partir du moment ou elle se pense. Câest la premiere certitude, mais câest la plus pauvre. C4est tout de meme la certitude ultime qui subsiste lorsque tout le reste est douteux. Reflexivite capacite quâa la conscience de se prendre elle meme et ses actions pour objet, de se dedoubler en conscience connaissante. III/ La conscience de soi est elle connaissance objective de soi? -Nous avons acces a nous meme par lâintrospection. -Se rendre compte que la verite du monde exterieur depend de la verite du monde interieur -La reflexivite nous apporte la premiere certitude ere critique Notre pensee peut sâexprime aux autres avant meme que nous la saisissions nous meme. La logique de nos propres actions peut nous echapper alors que dâautres la comprendrons tres bien conduite dâechec ou amoureuse par exemple 2eme critique Nous somme obscure a nous meme, nous avons a decouvrir progressivement une realite exterieure. Nous devons distinguer le moi câest la personnalite concrete et le je sujet conscient actif. La perception interieure a un desavantage, il lui manque lâobjectivite de la perception exterieure, il lui manque lâespace. Or lâespace nous permet dâavoir plusieurs point de vue en meme temps. On ne peut pas etablir de repere objectif a partir de sa seule experience interieure. Si la conscience de soi se reduit au sentiment interieur de ses propres etats et de leurs succession alors nous ne pouvons fixer cette realite pour en faire un objet dâobservation. La conscience nâest connaissance de soi quâen empruntant des elements de description objective a lâobservation du monde exterieur cad dire jâai eprouve telle tristesse⊠»
la conscience de soi est elle trompeuse